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Recette du gâteau d'amour à la cerise sur le gâteau

Les m2Et si la vie était un gâteau d'amour à concocter chaque jour ?

Et si l'autre s’avérait être la cerise sur le gâteau ?


Chanson « Cake d'amour » du film Peau d'âne, 1970, revue et corrigée par les M2

Note musique

Préparons notre

Préparons notre pâte
Dans une jatte

Dans une jatte plate
Et sans plus de discours
Allumons notre

Allumons notre four

 

4 poignées

D'enthousiasme et de joie

6 grosses louches

D'humour et de confiance

En soi et de l'amour

Sans condition

Sans condition de rien

 

Choisissons donc

Beaucoup de bienveillance

De la Passion

Et de l'honnêteté

Et soyons responsable

De notre vie

Pour not' plus grand bonheur

Gateaubis

Et poubellons

Ce qui est erroné

Les ingrédients

Qui nous montent au nez

Qui nous font la vie dure

Et difficile

Surtout poubellons-les

 

Mauvaise foi

Violence, aussi colère

Méchanceté et culpabilité

Oublions-les de suite

Avant qu'ils ne

Qu'ils ne gâchent notre vie

Poubelle

 

Pour compléter

D’une note goûtue

Une cerise

Une jolie cerise

Rien que pour décorer

Et pour l’aimer

Juste pour ce qu’elle est

Gateaucerisebis

Et si jamais

Elle venait à pourrir

Sachons surtout

Surtout qu'on peut changer

Et que chacun de nous

Reste pour l’autre

Une simple cerise

 

Un souhait d'amour
Un souhait d'amour s'impose
Tandis que la,

Que la pâte repose

graissons le plat de beurre
Et laissons cuire,
Et laissons cuire un' vie...

 

Entre pression et attente... Et réciproquement

Entre pression et attente... Et réciproquement

 

Patron, une pression ! Pression ? Vous avez dit pression ? Ah bon, pas celle à la tireuse ? Ni le bouton-pression ? Non ! La pression, celle qui pèse de tout son poids sur nos épaules, celle qui donne l’impression que l’on attend confusément quelque chose de nous, ou nous, des autres.

Se pourrait-il que Denis Papin ait inventé le digesteur, (la cocotte-minute), suite à un trop plein de pression qui le faisait bouillir intérieurement?

                                                                          Cocotte

Peut-être était-il en quête d’identité dans une fratrie de 10 frères et sœurs ?

Peut-être voulait-il se singulariser, être différent de sa famille, alors il s'est mis sous pression tout seul ?

Peut-être que ce besoin de se singulariser, d'être brillant, de devenir quelqu'un qui resterait dans la postérité, était juste le désir profond de ses parents en peur d'existence ?

Alors, est-ce pour éviter l’explosion, qu’il a ajouté une soupape de sûreté à son digesteur ?

                                                                                                                              Soupape

Pourquoi cette pression !

Probablement parce que les parents désirent toujours le meilleur pour leur enfant.

Certainement que Denis Papin, depuis la création de ses sens dans le ventre de sa mère, ressent l’attente de ses parents, d’être un enfant parfait en toute occasion.

Qu’il fasse ses nuits de suite car, les nuits blanches, c’est fatiguant !

Qu’il soit sage du matin au soir pour éviter de déranger et être sortable en tout lieu.

Qu’il grandisse harmonieusement parce que c’est comme ça que c’est le mieux.

Qu’il soit intelligent, ça rend fier.

Qu’il réussisse dans la vie car il le faut, et sans la possibilité que les choses se déroulent autrement.

Pfou ! Tout ça ? Quelle pression !

 

Et réciproquement

Denis Papin, ses inventions sous le bras, installa un siège à l'entrée de l'Académie des Sciences de Londres pour attendre le nouveau président, Isaac Newton.

Ce dernier lui tînt à-peu-près ce langage :

  • Vous partîtes en Allemagne inventer votre digesteur à soupape de sûreté, j'en suis fort aise. Mais la science ne vous a pas attendu, vous êtes obsolète. Game over !

Denis, non reconnu par ses pairs, mourut entre 1712 et 1714, oublié de tous.

                                                                                                                                                Rip2

Dénouement

Serait-ce que l'attente des parents Papin à ce que Denis devienne quelqu'un, l’aurait noyé sous la pression ? Denis Papin s'est mis dans l'attente de la reconnaissance par ses pairs pour éviter de décevoir ses parents. Ses pairs, eux, lui ont mis la pression en lui faisant sentir qu’il était obsolète. Et il est mort.

Qui de l’œuf ou de la poule a généré ce cercle vicieux ? Attente – pression, pression – attente, attente – pression, pression – attente ! Et si on arrêtait ?

                                                                        Les m2

« Aimons-nous vivant,

N'attendons pas que la mort nous trouve du talent »

François Valéry, 1989

 

Les maudits des transports et autres queues de supermarché...

                                                                                  Les m2

Pourquoi ça n'arrive qu'à moi ? C'est toujours pareil ! Quand je dois aller quelque part, le seul train annulé, c'est le mien ! Ou bien la seule route en travaux, c'est la mienne ! J’ai vraiment pas de chance.

Et c'est la même chose dans les magasins ! Il suffit que je choisisse une caisse pour que ce soit la seule qui n'avance pas. Quelle que soit la queue dans laquelle je me m'insère, aussi bien sur l'autoroute, qu'au cinéma ou à la CAF, même avec un ticket, c'est toujours la mienne qui fait du sur place !

 

Fatalité  Etoile

J'ai dû naître sous une mauvaise étoile ! Les anges étaient certainement distraits ce jour-là. C’est sûr, ils devaient tirer à ''tête ou navire'' (pile ou face) celui qui m'accompagnerait dans la vie.

À mon avis, ils sont toujours en train de jouer sans être parvenus à se mettre d'accord. Ma naissance s'est donc effectuée sans leur regard bienfaiteur et c'est pourquoi ma vie se déroule à la ‘’va-que-je-te-pousse’’ et de préférence, ‘’je-te-pousse-du-côté-du ravin’’.

                                                                            Sorciere

Ou alors, le jour de ma naissance, la vilaine sorcière du nord n'ayant pu obtenir ce qu'elle désirait, ni de Dorothée, ni du magicien d'Oz, s'est rabattue sur moi et a saupoudré sur mon berceau le sort que je serais adepte du verre à moitié vide.

C’est bien ma veine ! Quelle poisse !

Je suis une victime de ce monde et il me le fait bien comprendre !

Que faire ?

Osciller entre la dépression, me retirer dans un couvent, devenir actionnaire d'un fabricant de mouchoirs ou passer ma vie à râler que c'est toujours pour moi les catastrophes?

À quoi bon ? Pas de chance, qu'est-ce-que vous voulez, je n'ai pas de chance. Il ne me reste plus qu'à m'asseoir dans un fauteuil pour regarder passer ma vie, morne, triste, sans joie et ainsi éviter tout problème.

À quoi sert ma vie ? À rien. Même pas à faire avancer le schmilblick.

Et bien voilà, j'ai touché le fond.

Bon, il paraît que lorsque l’on a touché le fond, on ne peut pas aller plus bas, qu’il ne reste donc plus qu’à remonter.

Alors, remontons !

 

La remontada

Ok ! Remontons. Mais comment je m'y prends ? Apparemment, la notice d'utilisation n'est pas si simple et n'est pas livrée à la naissance. Si ? Hé ! Vous ! Les pros du développement personnel, c'est quoi le mode d'emploi ?

Il est suggéré de sortir du triangle de Karpman ? C'est quoi ça ? Victime, bourreau, sauveur ! Ok, mais une fois qu'on a dit ça, on en fait quoi ?

S'il y a des victimes, c'est qu'il y a des bourreaux et des sauveurs. S'il y a des bourreaux, c'est qu'il y a des victimes et des sauveurs. S'il y a des sauveurs, c'est qu'il y a des victimes et des bourreaux.

Alors, si j'arrête d'être victime, est-ce que ça élimine de mon environnement les bourreaux et les sauveurs ? Ben, pourquoi les sauveurs d'ailleurs ? C’est bien les sauveurs !

Ah mais oui ! S'il y a sauveur, il y a forcément victime et s'il y a victime, le bourreau attend au coin de la rue ! Et on repart pour un tour !

Ok, soyons responsable. Si je suis à cette caisse ou si mon train a été annulé, c'est parce que j'ai choisi cette queue et que je n'ai pas prévu de plan B pour le train.

Effectivement, quand je me remets entre les mains de choses que je ne maîtrise pas totalement, le truc, c'est de prévoir que ça peut déraper de ouf ! Prévoir ? Uniquement quand c’est vraiment important pour moi. Parce que je ne vais pas passer mon temps à tout envisager! Et place à l’imprévu !

Soit ! J'ai l'habitude de toujours vouloir que les choses aillent vite, je n'ai pas de patience. C'est pour ça que les queues de supermarché m’énervent. Mais si je prends de quoi lire pour attendre, j'aurais eu un moment de plaisir et je serais de bonne humeur.

Pour le train, si j'ai vraiment besoin d'être à l'heure quelque part, j'ai la possibilité d'en prendre un plus tôt pour être assurément à l’heure. Ainsi, si le train n'y est pas, il n’me prendra pas et j'ai largement le temps de trouver un autre moyen pour me rendre à mon rendez-vous dans les temps.Train

Visiblement, à ce que je comprends, les choses dépendent uniquement de moi et de comment je les prends, de comment je gère mon temps et des pensées que j'ai ?

‘’Nous sommes ce que nous pensons.’’ qu'il a dit Bouddha.

Donc, suivant ce que je pense, je me facilite la vie ou je me mets des bâtons dans les roues ? C’est un peu relou cette affaire, car je n’ai pas forcément envie d’être responsable de ce que je vis.

Pourtant, après plusieurs lectures sur ce sujet, force est de constater qu’apparemment, nous sommes bel et bien ce que nous pensons et seul maître à bord. Si je pense que je n’ai pas de chance, alors, je n’en aurai pas. Par conséquent, je vais changer mes pensées. Cela semble être la condition ‘’sine qua non’’ pour sortir du triangle dramatique.

Si j'avais su ça plutôt, peut-être que j'aurais pu éviter de toucher le fond … « de la piscine dans le petit pull marine tout déchiré aux coudes... »   Note musique

Essayons !

Allez ! Ok ! je me mets au défi d'arrêter de râler, de rééduquer mes pensées et d'accepter d'être responsable de ce que je vis. Que la vie commence !

 

Bons sentiments et bienveillance

Bons sentiments

Joséphine, tout à sa lecture de l'arrache-cœur de Boris Vian, se laisse peu à peu coloniser par un doute.

Et elle, lorsque son moment viendra d'être mère comme fera-t-elle avec ses enfants ? Car bien évidemment, il faudra qu'ils soient bien droits, respectueux, sans délinquance, qu'ils ne se cachent pas sous la table, qu'ils ne mangent qu'un bonbon à la fois, qu'ils sachent bien dire bonjour à la dame, qu'ils mouchent leur nez dans un mouchoir et non dans leur manche et qu'ils ne se rebellent pas, entre autre.

                                                                                            Bonbon

Avec ferveur Joséphine replonge le nez dans sa lecture pour approfondir la question, jusqu'à ce que son heure vienne...

En proie aux 113 douleurs de l'enfantement, Joséphine sent monter en elle un instinct de parent-poule pour ce petit qui, déjà, pointe le bout de son nez.

Dès lors, Joséphine sait qu'elle fera tout son possible pour faire de cet enfant un adulte parfait.

Fan de Clémentine et de ses trumeaux, Joséphine note assidûment tous les trucs et astuces révélés par l'héroïne de sa lecture.

En attendant que l'enfant soit en âge de porter des chaussures de bois pour marcher bien droit et de l'enfermer dans une cage pour le protéger de tout, Joséphine lui susurre avec douceur : « tu seras un enfant sage, car tu obéiras toujours. Tu sais que je veux le meilleur pour toi et que donc, je saurais éternellement ce qui est le mieux pour toi, pour devenir cet adulte parfait qu'il faut que tu sois. Tu verras, tout le monde t'aimera parce que je ne te laisserais pas te cacher sous la table, ni être irrespectueux, ni manger plusieurs bonbons à la fois, ni te laisser te moucher dans la manche, ni te rebeller. Et il faudra aussi que tu dises bien bonjour à la dame et que tu finisses toujours ton assiette car tu sais que tous les enfants ne mangent pas forcément à leur faim. »

Que de bons sentiments.

Mais..... Parce qu’il y a un mais.....

« Ce sont les enfants sages, Madame, qui font les révolutionnaires les plus terribles. Ils ne disent rien, ils ne se cachent pas sous la table, ils ne mangent qu'un bonbon à la fois, mais plus tard ils le font payer cher à la société. Méfiez-vous des enfants sages ! » Jean-Paul Sartre, Les mains sales, 1948.

                                                                                    Bonbon2

Bienveillance

Pendant que l'enfant dort, le nez plongé dans le passage ci-dessus des « mains sales », Joséphine médite. Pour en savoir plus, elle se rue dans une bibliothèque de son quartier et commence à dévorer tous les livres de la rubrique éducation bienveillante. Elle y découvre que plus un enfant cède plus il se rebelle et qu'un enfant qui rentre dans le rang s'y sent à l'étroit, entre autre.

Accompagnée de Catherine Gueguen, Idriss Aberkane, Alice Miller, Olivier Maurel, Laurence Dudek, et bien d'autres, Joséphine s’éduque.

Elle en déduit que visiblement le plus important est d'être à l'écoute de son enfant (intérieur et extérieur) dans l'amour inconditionnel.

  • Joséphine apprend à factualiser en demandant « que se passe-t-il ? » Au lieu de « qu'est ce que tu as fait ? » (petite phrase qui a la fâcheuse habitude de culpabiliser l'enfant).

  • Enfant que Joséphine invite à parler de lui et uniquement de lui quels que soient le problème, le conflit, la situation qui le préoccupe. Ex : « La claque que j'ai reçu m'a fait mal » au lieu de « il m'a tapé » (petite phrase qui maintient le conflit du fait de la rancœur générée).

  • Et pour finir, elle se retient de lui apporter des solutions tant qu'il n'en fait pas la demande.

     

Tout un apprentissage que Joséphine adopte au quotidien comme une hygiène de vie.

 

Les m2Trucs et astuces

  • Apprendre à factualiser tout et partout ! (Que se passe-t-il ?)

  • Quels que soient le problème, le conflit, la situation, amener l'enfant à parler de lui avec le « JE » ou le «JEU».

  • Ne jamais apporter de solutions avant que cela soit demander.

 

Nos enfants étant les plus grand « copiteurs » de la terre, H24, ils épient nos faits et gestes. Et si nous commencions par utiliser les trucs et astuces pour nous-mêmes, est-ce que cela changerait le monde?

À suivre dans quelques années........

 

 

Tranche de vie, trop c'est trop et mdr

Trop, encore trop, toujours trop !

Lulu : J'ai vu un film l'autre jour. Haaaa, c’était trop bien, j'ai trop aimé, c'est sûr que ça va trop te plaire (Ha non, non, ça c'est déjà vu dans le billet du même nom). J'ai prévu de retourner voir le film, ça me ferait trop plaisir que tu viennes avec moi.

                                          Clap de cinema               Ticket            Pellicule de cinema                  

Jessi : Si j'entends bien, le film n'était pas pour toi et ça ne te ferait pas plaisir que je vienne.

Lulu : Ben pourquoi tu dis ça, le film était trop bien et j'ai vraiment envie que tu vienne ?

Jessi : Parce que quand tu dis « trop », j'entends que le film est trop bien pour toi donc que tu n'as pas ce qu'il faut pour l'aimer. Et quand tu dis que ça te ferait trop plaisir que je vienne, j'entends que tu ne mérites pas ma compagnie.

Lulu : N'importe quoi. Quand je te dis qu'un dessert est trop sucré, ça ne veut pas dire que je ne l'aime pas.

Jessi : Certes, mais c'est révélateur de ce qu'il ne te convient pas tout à fait, sinon tu l'aurais adoré, tout simplement.

Lulu : Je vois pas la différence.

Jessi : Imagine, quand tu dis qu'il y a trop de monde dans le train, tu comprends quoi ?

Lulu : Qu'on est serré.

Jessi : Donc inconfortable, avec le nez sous l'aisselle de fin de journée du voisin de droite, l'haleine fétide du voisin de gauche, la valise dans les reins de celui de derrière et le parapluie dégoulinant de la dernière averse de la personne de devant. Le tout en équilibre sur un orteil avec l'impossibilité d’en poser un deuxième et sans pouvoir se tenir pour gérer les accélérations et les ralentissements. Donc trop serré !

Lulu : Oui, vu sous cet angle, je comprends. Mais ça fait quoi ?

Jessi : Moi, si je dis que quelque chose est trop beau, j'ai l'impression que ça limite ma capacité à accéder au beau. Et que du coup, je doive me contenter de moins beau.

Lulu : Mais c'est juste pour sublimer le côté beau de la chose !

Jessi : J'ai vraiment l'impression que ça fait tout l'effet inverse.

Lulu : Ben alors on dit quoi ?

Jessi : Comme j'ai banni les jugements de mon vocabulaire, je vais juste dire que j'ai aimé ou adoré ou encore que ça me plaît.

Donc, trop c'est trop !

 

MDR

Jessi : Hahaha, trop c'est trop ? Mort de rire !

Lulu : waouh ! Quelle expression prophétique ! Ça me fait penser au présentateur météo quand il prédit du mauvais temps toute la semaine.    Parapluie

Pour moi, cette prévision sape le moral des troupes et ainsi nous programme à nous sentir mal toute la semaine. Alors, « mort de rire », quelle image !!!! Elle me fait froid dans le dos, d'autant que j'ai lu dans un billet que toutes les images que l'on se crée s'archivent en nous et deviennent notre réalité.

Donc, MDR ? vade retro !                                  

Jessi : Alors tu dis quoi ?

Lulu : Par exemple à la place de mauvais temps, je préfère dire : mettez vos bottes et sautez dans les flaques d'eau à pieds joints. Ou : réjouissons-nous de respirer à plein poumons l'air dépollué par le vent.

Jessi : Et donc à la place de MDR, tu suggères quoi ?

Lulu : Ça me réjouit ! J'adore ! Ça me fait beaucoup rire ! LOL ! J'en ris aux éclats... En y réfléchissant, il y a du choix pour alimenter notre bibliothèque à images.

Pour conclure

Changer nos expressions, nos automatismes, c'est une gymnastique, un entraînement quotidien. Quasiment un jeu. Une, deux, une, deux, persévérons! L'horizon s'éclaircit. Finit le « trop » qui limite nos pensées et le MDR qui obscurcit nos images ! Et si nous cultivions la vie en positif ?

Carpe diem !

Les m2

Premier amour

Les m2Mon premier amour ? C’est bien cette personne qui a fait vibrer tous mes sens quand j'avais à peine 15 ans ? Non ? Ah bon ! Ben alors, c'est qui ?

Moi, tout simplement moi.

Alors là, c'en est une belle ! Pourtant tout le monde dit qu'il faut d'abord aimer son prochain. Ça va pas faire égoïste de s'aimer soi ? Narcisse l'a déjà fait, ça lui a pas vraiment réussi, il a mal fini. Plouf ! C'était pas la bonne idée du siècle. Alors comprenez la frilosité à imaginer faire pareil.

 

Ange Eulo et Ange Élusse Miroir 1

- Je m'aime, un peu, beaucoup, de plus en plus.

- Mais oui t'es beau, arrête de toujours te regarder dans la glace, tu vas user le miroir. Et franchement, qu'est ce que cela t'apporte de faire ça ?

- J'apprivoise mon reflet.

- Ben, pour quoi faire ?

- Pour apprendre à m'aimer. Si je ne m'aime pas, j'ai l'impression de ne pas pouvoir aimer les autres. C'est comme si je voulais donner à manger à quelqu'un alors que mon garde-manger est vide. C'est impensable. Donc, je commence à le remplir d'abord.

- Ça fait un peu égocentrique ton truc.

- C'est ton point de vue. Pour moi, ça me permet d'avoir plus d’énergie pour les autres.

                

Ange ÉlusseAngelusse 1

Ange Élusse n'a pas la même vision qu'Ange Eulo, et pour le remettre dans le droit chemin, il a couvert de papier journal tous les miroirs de la maison. Ainsi ça évitera à Ange Eulo de s'auto-centrer sur sa propre personne.

Pour autant Ange Eulo continue à apprivoiser chaque jour davantage son image malgré la blague des miroirs recouverts, pendant qu’Ange Élusse offre toutes ses provisions aux autres. Il organise chaque jour une longue tournée de distribution. C'est qu'il y en a du monde !

Entre faire les courses pour les autres, répartir les denrées en repas, puis la longue tournée, Ange Élusse y passe ses journées et finit par s'oublier. Mais faire passer les autres avant lui, cela lui apporte une telle joie que pour rien au monde il ne voudrait s'en priver. De là à penser qu'il faille plus malheureux que soi pour être heureux, il n'y a qu'un pas que nous ne franchirons cependant pas, afin de ne pas entériner l'idée.

 

Ange Eulo Angeulo 2

Gonflé de l'amour qu'il a pour lui, Ange Eulo déborde d’énergie. Et cette énergie lui donne l'envie de la partager avec le monde entier. Ainsi, il s'adonne régulièrement au troc car pour lui, le partage à sens unique a un côté déséquilibré. Il craint que cela lui donne un sentiment de supériorité sur l'autre, s'il ne s'autorise pas à recevoir l’abondance d'un échange. Il est convaincu que chacun a une richesse en lui et que grâce au troc, tout le monde peut en prendre conscience.

Alors il troque. Il troque le matin, il troque le midi, il troque le soir. Il troque un pain, un cours de guitare, une heure de son temps et ça le remplit de joie, et les autres par la même occasion, sur un même pied d'égalité.

De là à penser que tout le monde peut être heureux en même temps, il n'y a qu'un pas que nous franchissons allégrement.

 

Épilogue

Ange Élusse s’épuise dans sa joie à sens unique, même si cela semble apporter du bonheur aux autres. Pour autant, personne n’en a la moindre reconnaissance, tout perdus qu’ils sont dans l’inquiétude du lendemain. L’infélicité générerait-elle l’indifférence?

À bout d’énergie, Ange Élusse demande sa recette à Ange Eulo : mon premier amour, c'est moi !

Bon sang, mais c’est bien sûr ! Ça paraît presque trop simple pour être vrai : s’aimer soi pour aimer les autres et donner aux autres de quoi être aimé !

Dès lors, Ange Élusse enlève le papier journal de tous les miroirs et entreprend d’apprivoiser son image. Pour reconnaître ses qualités et les transcender. Accepter ses défauts et les métamorphoser. Toute une nouvelle route à tracer, décorer, vivre.

Désormais, Ange Eulo et Ange Élusse prennent plaisir à réunir leurs 2 visions et ainsi en faire un Paradis !

 

‘’S'aimer soi-même, c'est s'attacher à découvrir l'essence qui est déposée en soi.’’

Paule Salomon ; La sainte folie du couple (1994)

 

Truc et astuce : Apprivoiser son image dans un miroir sous toutes les coutures.

La culture du verre à moitié...

- Oh, ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vu !

Petite phrase anodine ? Pas si sûr ! Suivant qu'on s'est levé du pied droit ou du pied gauche, nous voici envolés dans la spirale euphorique du verre à moitié plein, ou celle obscure du même verre à moitié vide.

Voyons ce que cela donne dans le quotidien.

Lulu et Jessi prennent rendez-vous pour se revoir.                          Les m2

 

L'euphorie du verre à moitié plein

S’enflammant pour ces retrouvailles, Lulu épluche minutieusement sa garde robe à la recherche du vêtement idoine pour ce rendez-vous, chemise unie jaune ou à motifs, veste à col ou pas ou peut-être carrément sweat. Beaucoup de temps est passé depuis leur dernière escapade au Mont Joyeux, en compagnie de toute la promo du conservatoire de la classe des cuivres et des percussions. Lors de cette sortie, Lulu et Jessi s’étaient découvert une passion commune : la collection des chewing-gums mâchés à tous les vents et, de ce fait, s'étaient promis de se revoir souvent. Une telle passion réunissait les chewing-gums arrachés aux semelles pleines de vase, ceux au goût poireaux à peine salivés, ceux récupérés dans des poubelles ou des cendriers et vénérés comme des trophées... Bref, une collection improbable qui créait des liens.

Tout à sa joie de partager à nouveau un moment rempli d’anecdotes sur leur collection, Lulu sautille tel un enfant le long des rues. Tout est prévu pour cette journée : la tenue vestimentaire, la réservation du restaurant, le concert envisageable, le bistrot pour prendre un pot et bavarder, la boîte où danser, le karaoké délirant... Un super programme pour cette revoyure qui s'était perdue dans les méandres de la procrastination et qui électrise l'enthousiasme de lulu. Une chouette journée en perspective.

 

Le côté obscur du verre à moitié vide

Même si très loin dans son for intérieur, cela fait plaisir à Jessi de revoir Lulu, la petite phrase anodine « ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vu » résonne comme un reproche. Oui ça fait longtemps ! Jessi a eu tellement de choses à gérer dans son quotidien depuis l'ascension du Mont Joyeux : panne de réveil, chaussettes dépareillées, pâtée du chat, coiffeur de l’autre côté de la ville, embouteillages, caddies à remplir, restaurant du coin, lessive à gogo, week-end pluvieux, ensoleillé, venteux, neigeux, concert, bières et cigarettes trop trop trop, infos à outrance...

Pour être sincère, Jessi a accepté ce rendez-vous pour éviter un autre reproche qui n'aurait, à son sens, pas manquer de venir. Mais quoi se mettre ? Le nez dans sa valise bien chargée, Jessi a du mal à se décider et finit par opter pour un vêtement venu du fond des âges et du fond de la malle.

Traînant des pieds, Jessi se rend au rendez-vous.

 

Le rendez-vous Soleil

Lulu demeure dans la joie de cette revoyure tandis que Jessi reste à l'affût du reproche attendu au débotté. Reproche qui n'arrivera pas du fait que l’enthousiasme de Lulu occupe toute la place dans le verre à moitié plein. Flottant dans sa volubilité, Lulu raconte avec ferveur les dernières anecdotes des chewing-gums mâchés à tous les vents, venus étoffer sa collection. Impossible pour Jessi d'y prendre le moindre plaisir, en boucle sur les mots, attendant de mordre au moindre reproche.

Pourtant l'histoire du chewing-gum revenu de l'espace par la dernière navette spatiale et celle du chewing-gum pré-mâché par le fan qui a serré la main de Spider-man, valaient leur pesant de cacahuètes... ou plutôt de chewing-gum. Tous ces chewing-gums qui auraient pu être partagés avec Jessi, pour sa collection. Une prochaine fois peut être...

 

Comment pourrir un rendez-vous par Jessi

Juste en se concentrant sur la moitié vide du verre qui l’obnubile. Depuis son enfance, voire même depuis des générations, Jessi croule sous le côté obscur de la force qui l’empêche de s’enthousiasmer, des fois que le bonheur serait une vaste fumisterie, inventé par des gourous férus d'optimisme.

Pourtant quelque part en son for intérieur, le plaisir des retrouvailles ne demandait qu'à surgir.

 

Comment réussir un rendez-vous par Lulu

Lulu, ayant suivi Tim Burton dans le tournage du film Big fish, a réalisé que suivant l'emplacement de la caméra, on pouvait avoir une vision très différente, allant du clair à l'obscur. Testant plusieurs angles de caméra, Lulu a fini par opter pour l'euphorie du verre à moitié plein. Plus drôle. Plus créatif. Plein de promesses. Carrément optimiste.    

                                                                Camera 1

 

Et pour finir

Qui que l’on soit, d’où que l’on vienne, notre environnement, c’est notre atmosphère. Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ! Et bien non. Si l'atmosphère te pollue, arrête de respirer ! Ou va voir chez le voisin si l'herbe est plus verte ! Ah ben non, elle l'est pas. Alors revenons à nos moutons... de Panurge... mais non, pas non plus !

Allons un peu de sérieux. Quand l'atmosphère t'étouffe, déplace ta caméra ! En d'autres termes, ou tu prends bien ou tu prends mal les choses, c'est toi qui choises !

                                                                   Coccinelle

 

 

Ça va trop te plaire

Les m2Jozi offre un cadeau à sa super copine Aimée, dite Mémée.

- C'est quoi ce cadeau ?

- Une surprise. Ça se voit ! Et je suis sûre que tu vas aimer, tu vas même adorer. J’en suis certaine. Je te connais tellement bien.

Et bien voilà, ça nous l'a énervée notre Mémée. Cette prédiction qui se veut avérée alors qu'elle est sortie tout droit du chapeau. Parce que si Jozi connaissait vraiment Mémée, elle ne lui offrirait pas une épingle à chapeau dont elle n’a rien à faire, vu qu’elle ne porte pas de chapeau d’une part et que l’épingle est parfaitement démodée d’autre part. D'ailleurs, Jozi ne lui ferait pas de surprise du tout. Car elle saurait que Mémée déteste qu'on choisisse à sa place ce qu'elle doit aimer ou pas. Déjà que tante Adèle, il y a peu, certaine de son goût indéfectible, s'est ramenée avec un vase tout à son image, suranné, impossible à caser dans l’intérieur de Mémée !

Tout ça, ça embrouille Mémée à tel point que l’autre jour, elle s’est vu prendre un gâteau bofbof plutôt que d’opter pour le banana-Split débordant de chantilly et de sauce chocolat dont elle raffole ! Et ce, pour l’unique raison que tous, autour d’elle, l’ont persuadée qu’elle adorerait ce dessert et qu’en plus il était bien moins calorique pour les rondeurs de ses hanches.

                                                                              Coupe de glace 1

Du coup, Mémée finit par accepter le choix des autres et par s’asseoir sur le sien...

Dans son for intérieur, elle se demande bien de quoi ils se mêlent tous. Que sincèrement, ça ne les regarde pas. Que même si ça semble partir d’un bon sentiment, c’est exaspérant, car les bons sentiments ne sont bons que pour ceux qui les prodiguent. Qu’ils n'ont qu’à s’occuper de leurs oignons. Qu'est ce qu'ils en savent au fond de ce qu'elle aime, il ne la connaisse pas au fond.

Et, Mémée se connaît-elle vraiment ?

 

Soyons honnête

Cependant, à Mémée aussi, il lui arrive de faire pareil. Elle s’entend proposer à Jozi: -ça te dit de venir voir le super film de ce soir avec moi ? Je suis certaine qu’il va te plaire !

Et voilà ! Mémée fait ce qu'elle déteste qu'on lui fasse. Quand Mémée affirme à Jozi « ça va te plaire », elle ne voit pas ce qui gêne à le dire. Mais quand c'est à elle qu'on l’assure, elle se sent dépossédée de ses choix, quasi déshumanisée.

Pourtant Mémée adore dire à Jozi qu'elle va aimer. C'est tellement un réflexe qui la rassure sur sa propre valeur. Car si Jozi aime, cela donne de la valeur à ce que pense Mémée.

Ça suffa comme-ci !!! Ça suffit comme ça !!!

Certainement que si Mémée se connaissait mieux, elle ne se serait pas assise sur son banana-Split et cela lui aurait évité de gros frais de teinturier.

Sus à l'esclave à l'avis des autres !

 

« Nosce te ipsum ! » (version latine)

« Gnothi seauton ! » (version grecque), qu'il disait Socrate, en s'appropriant cette devise gravée au frontispice du Temple de la Pythie de Delphes « connais-toi, toi-même ».

Facile mais tout un programme quand même !

Bon, Mémée, le premier pied hors du lit, commence sa journée en allant faire pipi, après elle petit-déjeune, ensuite elle se prépare pour sa journée. Ça c’est se connaître ! Déjà un bon début !

Et après ? Quoi après ?!

Ben, après, Mémée aime le banana-Split, n'en déplaisent aux autres. Elle se rend compte que si elle a accepté la dictature du gâteau bofbof, c'est parce que confusément, tapis au fond d'elle, il y a plein de formatages qui la font réagir ainsi. Que si elle pouvait s’autopsier, elle trouverait certainement les bugs et pourrait s’en affranchir.

« Le vray commencement pour en vertu accroître

c’est soy-même se cognoitre

Celui qui se cognoit est seul maistre de soy

Et sans avoir royaume, il est vraiment un roy. »

Ronsard (1524-1585)

C’est bien joli de citer Ronsard.

 

Mais comment faire ?

« Je fermerai maintenant les yeux, je boucherai mes oreilles, je détournerai tous mes sens, j’effacerai même de ma pensée toutes les images des choses corporelles... Ainsi, m’entretenant seulement moi-même et considérant mon intérieur, je chercherai de me rendre peu à peu plus connu et plus familier à moi-même »

R.Descartes (1596-1650) « Méditation Troisième »

 

Et donc ?

Mémée, avec Jozi dans son sillon, ont arrêté le « ça va trop te plaire ! ». Déjà 62 jours d’abstinence ! Une vraie libération. Et ce n’est qu’un début....

                                                                                          Cadenas

 

Truc et astuces.

Continuons à épurer notre valise avec le défi de la semaine : enlevons les jugements, supprimons les adjectifs sur les personnes.

Tornade à Tarnos

Fait d'hiver à Tarnos : 16 janvier 1981.

Une véritable tornade s’est abattue sur Tarnos.

Tarnos, gentille petite ville où il fait bon vivre, a vu sa tranquillité vaciller dans la nuit du 9 au 10 janvier.

En effet, le garde-pêche de Tarnos a repêché hier matin, dans un méandre de l’Adour, la rivière qui passe en contrebas du « laboratoire aux étoiles », le corps d'Odile Martin, 34 ans, célèbre astronome, lâchement assassinée dans le dos à hauteur du cœur.

Aussitôt le Commissaire Gustave Chantoiseau, a été diligenté pour mener l’enquête et faire toute la lumière sur cette sombre histoire.

Aucune arme n'a été retrouvée, toutefois, l'hypothèse de l'utilisation d'une pioche est évoquée, suivant les constatations du légiste. Cela n'est pas sans rappeler la série de meurtres de 5 jeunes filles perpétrés il y a 11 ans sur les berges de la même rivière.

 

Gustave Chantoiseau se mouchant violemment et bruyamment tout en ronchonnant.

-Saleté de grippe. 15 jours qu'elle me tient, tout cela à cause de ce maudit temps détraqué : une semaine glaciale sous le verglas ! Encore heureux que je ne me sois pas cassé une jambe ! Avec plus de 39 de fièvre, je ferais mieux de rester couché ! Pourquoi faut-il qu’Odile Martin se fasse assassiner pile maintenant ! Choisissent toujours mal leur moment, les gens !

Bon récapitulons. Le légiste dit : pas de viol. Pas de vol non plus. Je peux donc éliminer d'ores et déjà le crime crapuleux et le mari jaloux et ainsi privilégier la thèse du règlement de compte. Ça se tire la bourre dans ces milieux là. C’est à celui qui découvrira l’étoile la plus spectaculaire. On avance, on avance ! Dit-il en se frottant les mains. -Je vais pouvoir vite retourner sous la couette.

Peut-être pas si vite que cela. En effet, aucun indice autour du corps, rien, que dalle, nada! Pas même une épingle à cheveux ! Voilà qui ne simplifie pas la tâche !

Mais comme il faut bien commencer quelque part, Gustave Chantoiseau décide de rencontrer le commissaire qui s'était occupé de l'enquête sur les meurtres en série, sans succès, il y a 11 ans. Peut- être que l’assassin a recommencé ? Ou bien s’agit-il d’un copycat ?

 

Alfred Pluchon

-Depuis que je suis à la retraite, je ne pense plus à cette histoire, vieille de tant d'années. J'en ai trop cauchemardé à l'époque. J’ai même fait une dépression. Et je ne sais toujours pas si j’en suis remis aujourd’hui. Rien que son évocation me mets les poils au garde-à-vous et me donne l’envie de gerber.

Que dire que vous ne sachiez déjà? Les victimes étaient transpercées dans le dos par une pioche, sur les rives de l’Adour. Toutes étaient des anciennes de la DASS, comme votre macchabée d'aujourd'hui.

J'ai toujours pensé qu'il s'agissait d'une personne connue des jeunes femmes car on aurait dit qu'elle savait où, quand et comment frapper. Cependant l’enquête de proximité n’a jamais rien révélé. Pas un seul quidam à suspecter !

Plusieurs fois j'ai cru tenir une piste, un minuscule indice. À peine avais-je émis une hypothèse que déjà toute ma théorie tombait à l'eau... pardonnez le mauvais jeu de mot.

Non croyez-moi, vous n'arriverez pas à débusquer le coupable, c'est un sadique qui n'a aucune autre motivation que de tuer, qui se délecte dans l'acte pour l'acte et rien d'autre. Ce genre de fous ponctuels, sans aucun signe distinctif, qui, parce qu'il souffre et pour se venger d'un mot de trop ou d'un regard, s'adonnent à la tuerie de jeunes femmes sans défense. Avec juste comme logique, la DASS. Un peu maigre comme paramètre, vous en conviendrez.

Je vous le dis. Ce peut être n'importe qui, vous, moi... vraiment n'importe qui... Ces meurtres resteront ad vitam æternam irrésolus. Je partirai dans la tombe avec un vieux goût d’inachevé au coin des lèvres.

 

Chamallow, le chat errant du « laboratoire aux étoiles »

-Ce qu'oublie de préciser Alfred Pluchon à notre commissaire, c'est que depuis cette sombre histoire, du fait de sa très longue dépression, il a tenté par trois fois d'assassiner ses infirmières dans le dos, à hauteur du cœur, avec sa pipe.

Comme quoi, personne n'est parfait !

 

Gustave Chantoiseau

Je ne suis pas plus avancé. Non franchement, il n'y a rien à tirer de ce vieux bonhomme là, plein de tics, de contractions nerveuses et la pipe coincée aux coins des lèvres. Allons plutôt voir les collègues de travail de l’astronome.

 

Claude

Une jeune femme, la trentaine, belle plante, soignée, blonde, les cheveux aux épaules, assise ou plutôt effondrée dans un fauteuil, le mouchoir à la main, la larme perlant sous ses longs cils bruns, se laissant réconforter par un collègue à la mine déconfite.

-Pas Madame, Mademoiselle, je ne suis pas mariée. Et je crois que je ne le serai jamais.

Odile et moi nous sommes rencontrées voici quatre ans, alors que nous visitions chacune dans un groupe de travail, l'observatoire astronomique de Mauna Kea à Hawaii. Très vite nous avons sympathisé et comme, à l'époque, je n'avais pas encore de poste définitif, elle m'a obtenue une place ici, à Tarnos. Je m'entendais très bien avec elle. Nous faisions beaucoup de sorties ensemble, au cinéma, au restaurant... J'aimais sa compagnie. Elle me faisait du bien.

Elle avait le chic pour trouver le détail qui mettait les gens en valeur, pour s'habiller, par exemple, sans faute de goût. Elle parachevait ses toilettes par une note de parfum, sans trop, qui cependant, planait encore longtemps après elle. Elle était merveilleuse.

Elle ne rechignait jamais à faire les nuits seules comme celle du 9 au 10 janvier où j'ai veillé Maman, malade. Ma mère craignait de ne pas se réveiller si je quittais son chevet. Il en est ainsi depuis la disparition accidentelle de mon Père, il y a 18 ans.

Mon Dieu, si seulement j'avais été auprès d'Odile la nuit du meurtre, rien ne serait arrivé. Je m’en veux tellement.

 

Chamallow

-Tu aimais vraiment Odile autant que tu le dis ? J'avais pourtant l'impression d'une rivalité entre toi et elle pour le beau Paul ? Je me trompe ?

 

Paul, l'idole d'Odile

Environ 1m85, le regard de circonstance, un épais chandail rouge aux armoiries de sa famille sur un pantalon « prince de Galles » à dominante beige, des chaussettes Burlington et un irritant raclement de gorge avant chaque début de phrase, le tout sur fond d'ordinateur de quatrième génération, de murs gris et de piles de listings dégoulinant jusqu'au sol.

-À mon arrivée, je crois que j'ai tout de suite plu à Odile. Du moins c'est ce qu'elle m'avait fait comprendre par des œillades appliquées et des sourires non dissimulés. Depuis une soirée dans ma famille où je l'avais invitée il y a six mois, elle parlait de moi comme de son idole et racontait à qui voulait l’entendre qu’elle était ma plus grande « fan ». Tout simplement parce qu'avant que l'on ne se quitte, j'avais pris ma guitare pour lui fredonner une petite romance. Je suis plutôt bon chanteur. Vous voulez un échantillon ?

Gustave Chantoiseau déclina poliment d’un geste de main.

-Nous sommes devenus amants peu de temps après, en dépit des protestations de ma famille qui estimait qu'elle faisait tâche dans notre milieu. Pensez, une orpheline ! Pour eux, il y avait mésalliance.

La nuit du 9 au 10 janvier, j'étais chez moi. J'ai d'ailleurs reçu un appel téléphonique d'un ami et collègue du Pic du Midi, où j'étais en poste avant, qui avait des états d'âmes qu'il désirait me confier.

La communication m'a entraîné loin dans le milieu de la nuit.

À cause de cela, je n'étais pas très frais le lendemain matin ainsi que l'a remarqué la serveuse de la cafétéria.

Mon seul crime, Monsieur l’Inspecteur, a été d'aimer cette femme d'un autre monde.

 

Chamallow

-Réponds franchement Paul, n'as-tu pas commencé à courtiser Odile le jour où elle a reçu les honneurs des mains même d'Hubert Reeves, pour la création du « laboratoire aux étoiles » ?

Qui va maintenant en prendre la direction ?

 

Gustave Chantoiseau

Se balançant d'avant en arrière dans son fauteuil de simili cuir brun devant son bureau en bois sombre aux pieds massifs et travaillés, sur un tapis Persan rouge cramoisi, des myriades de livres empilés en vrac sur des étagères creusées dans les murs.

-Résumons. Claude a passé une partie de la nuit du 9 au 10 janvier au chevet de sa mère.

Je ne sais pas pourquoi, mais je ne me sens pas à l'aise avec elle. Quelque chose me gêne et je ne sais pas quoi.

Paul a conversé jusqu'à une heure avancée de la même nuit avec un ami du Pic du Midi. Marrant comme ils ont tous un alibi. Comme s’ils s’attendaient à en avoir besoin ! À vérifier ! Allons faire un tour chez Odile, peut-être y glanerai-je quelques informations intéressantes.

 

L'odyssée d'Odile

Une ancienne petite maison à colombages munie d'un toit à trois pans en « queue de palombe», retapée avec soin. Un intérieur tout au ras du sol, à la japonaise, tranchant avec son aspect extérieur. Rien de superflu. Pas le moindre désordre.

-Elle avait un goût bien à elle la Miss. Elle perdait vraiment son temps avec ce Paul qui se prend pour quelqu'un parce qu'il a une famille à pognon derrière.

Tient d'ailleurs voici les lettres du prétendant en question. Pas très doué pour la prose notre ami mais très intéressé par le « laboratoire aux étoiles » de notre chère Odile. Pourquoi ne m'en a-t-il pas parlé ?

D'autres lettres avec un ruban rouge... et qui n'émanent pas de Paul mais d’un certain François. Qui donc est ce François ? Un ancien amant, si j'en juge par le contenu de cette missive. Apparemment elle l'aurait planté au beau milieu du mariage il y a 13 mois.. Une bonne raison pour lui en vouloir à la Miss, d'autant que même en ayant refait sa vie, il lui propose de l'entretenir.

Moi, si j'étais la femme de ce monsieur et que je tombe sur une de ces lettres, je crois bien que j'aurais toutes les bonnes raisons pour commettre un meurtre.

A voir toutes les photos de ce tiroir, d'hommes qui l'enlacent dans des positions acrobatiques, notre Odile faisait de sa vie une odyssée mouvementée et riche en sexe masculin.

Retour à l’hypothèse de l’amant jaloux. J'emporte tout cela, on ne sait jamais. Et deux suspects de plus à étudier !

Une bonne nuit par là-dessus accompagnée d'un grog très chaud pour interroger les deux nouveaux venus dès demain matin, cela me paraît un bon plan.

 

François croque Odile

Celui-ci paraît plus dans son genre à la môme Odile : pas du tout guindé, le cheveu d’artiste en broussailles, l’air nonchalant devant quelques toiles de son cru. Un peintre à priori.

-Oui Monsieur le Commissaire, mes œuvres me font vivre et même très largement comme vous pouvez le voir.

En effet, maison tout juste construite en pierres de pays et poutres authentiques, canapés de lin blanc autour d'une vaste cheminée, tapis d'orient avec pedigree et tutti quanti.

-Ma femme est parfaitement au courant qu'Odile et moi continuions à nous voir après notre rupture. Elle sait que j'adorais croquer Odile nue, elle avait de telles courbes... Elle n'en ressentait nulle jalousie car entre Odile et moi, c'était une histoire définitivement terminée.

Pour cette lettre où je lui propose de l'entretenir, une dernière petite réminiscence d'amour qui traînait par-là, au coin du cœur. Rien de plus. Mais elle a refusé. Et finalement cela m’a soulagé.

La nuit du 9 au 10 janvier, j'étais chez moi, les voisins peuvent vous le confirmer et ma femme était au célèbre défilé de mode de « L'Empire State Building ».

Laure, ma femme, ne sera là que ce soir, tard. N'hésitez pas à revenir pour la voir, elle vaut le détour.

 

Gustave Chantoiseau, vidant sa boîte aux lettres
-Mais je rêve ! Ce Paul m'offre carrément sa femme comme on vend un séjour paradisiaque dans

une île enchanteresse. Complètement maboul ce peintre.

Qu'y a-t-il d'intéressant au courrier ? Le relevé des numéros de téléphone qui ont appelé notre cher Paul la fameuse nuit du 9 au 10 janvier.

Il a menti ! J'en étais sûr. Son ami du Pic du Midi lui a bel et bien téléphoné mais pas aussi longtemps qu'il le dit et, de plus, Paul n'était pas chez lui. Il avait effectué le transfert d'appel sur son portable ! Enfin une vraie piste.

*****

Pendant ce temps, Alfred Pluchon, terrorisé à l'idée de refaire une dépression et de retrouver son instinct de meurtre à la pipe, suite à ce nouveau crime, s'enferme dans son grenier et y met le feu.

Paix à ses cendres !

 

Paul

-Je n'aurais pas dû vous mentir, ni vous cacher la responsabilité d'Odile dans la création du « laboratoire aux étoiles». J'ai conscience que cela fait de moi le coupable idéal. Je vais tout vous expliquer mais promettez-moi de ne rien dire à mes Parents, je serais la honte de la famille qui me montrerait du doigt.

Voilà, en réalité, je suis homosexuel et régulièrement je fréquente un club « gay ». Dans mon milieu, cela ne peut pas être. C'est pourquoi j'avais entrepris cette aventure avec Odile. Pour donner le change chez moi. Sacrifié pour sacrifié, autant que j'y trouve mon compte. C'est pourquoi j'ai opté pour Odile et son « laboratoire aux étoiles ». Au moins, le nez dans les cieux, je pouvais rêver. Même si cela me donne encore plus de motifs pour me débarrasser d'Odile, je vous jure que je ne l'ai pas tuée. Reprendre la direction ne m'intéresse pas. Cette nuit là, j'étais au club avec Michel le patron où je me suis singularisé dans un strip-tease façon "pédale douce" dont je vous passe les détails, tellement j'avais bu, troublé par les supplications de mon ex-ami pour que je revienne.

 

Gustave Chantoiseau

-Et bien voilà ! Disparu le suspect idéal. Zut ! C’est bien ma veine ! Pourtant tout concordait. Bon, et bien, je ne suis pas couché ! Passons à Laure, puis j'irai rendre une petite visite à Maman Claude.

 

Laure

-Monsieur le Commissaire, vous ne m'apprenez rien. Mais moi, je vais vous mettre au parfum, comme l'on dit dans votre milieu.

Ce que je vais vous révéler, François, mon mari, n'imagine même pas que je le sais.

En réalité, François ne voyait que très peu Odile, depuis leur séparation. Il tenait à ce que je crois qu'il la croquait encore de temps à autres, uniquement pour me cacher la façon dont il gagnait l'argent de notre foyer : il fait le gigolo. Cela ne me dérange nullement, j'ai d'énormes besoins d'argent pour toutes mes toilettes. Faut savoir ce que l’on veut dans la vie. Et moi, je le sais, affirma-t-elle en envoyant des œillades au commissaire, qui respira profondément pour garder l’esprit clair.

La nuit du 9 au 10 janvier, François s'envoyait en l'air, ici, avec Anne de la Courtenbraie. Elle vous le confirmera, je viens de la voir. Si toutefois vous acceptez de ne pas mettre son mari au courant.

Pour ma part, voici mon billet d'avion et mon passeport dûment tamponné. Comme vous pouvez le voir, Commissaire, vos suspects s'évanouissent.

 

Maman de Claude

Une vieille, toute fripée, l'air renfrogné dans son châle usé et puant l'urine, les doigts tordus, le nez pointu, jouant du dentier dans son fauteuil roulant.

-Ma fille est responsable de la mort de mon pauvre mari : à 11 ans, parce que mon André n'avait pas voulu qu'elle se maquille, Claude ne l'a pas embrassé comme d'habitude. Ça a dû le tracasser mon André. Et paf ! Du coup, il s'est fait écraser en traversant la route.

Pour la punir, je l'oblige à passer ses nuits à mon chevet jusqu'à ce que je m'endorme.

Une fois seulement, elle est partie 10 jours. Lorsqu'elle est revenue, elle nous a fait déménager, les cendres de son père et moi, ici, à Tarnos.

Je suis sûre qu'elle a tué sa collègue, elle m'en parlait tout le temps de cette femme. Elle était obsédée par elle. À croire qu'elle en était amoureuse !

Montez dans sa chambre Commissaire, je suis certaine que vous y trouverez ce que vous cherchez.

Qu'y a-t-il à voir dans ce désordre d'affaires de femme ? des bas, des porte-jarretelles, des souliers, des sous vêtements, rien d'accusateur.

Pas plus dans la salle de bain, du rouge à lèvres, un séchoir à cheveux, du maquillage et...

 

Gustave Chantoiseau et Claude

-Claude, je suis allé dans votre salle de bain : la lunette des WC était relevée. Vous n'êtes pas une

femme, n'est-ce pas ?

-Je ne sais plus ce que je suis. Ma mère voulait une fille. Depuis ma naissance, elle m'habille en robes, dit Claude en sanglotant.

-C'est pour cela que vous avez tué Odile, parce que vous n'aviez pas le droit de l'aimer ainsi ?

-Je l'aimais, c’est vrai. Elle était à moi et surtout pas à ce Paul qui ne briguait que le « laboratoire aux étoiles » !

J'étais sa meilleure amie, son unique Amour. Comment vais-je faire pour vivre sans elle ?

Dans un moment de folle détresse, Claude se rue par la fenêtre et se rompt le cou.

-Ah c’est malin, râle Gustave Chantoiseau. Mes suspects s’évanouissent les uns après les autres ! Et comment je fais pour la boucler, moi, cette affaire ?

 

Chamallow

-Bravo Commissaire. Elle tourne un peu court votre enquête. Plus aucun vrai suspect ! Comment allez-vous faire ? Vous n’allez quand-même pas suivre la voie d’Alfred Pluchon ?

Mais que s’est-il donc vraiment passé cette nuit-là ?

Voici ma version, à moi, chat errant, miaulant, seul témoin de la vérité à laquelle j'assistais, impuissant, hébété, abasourdi. Cette vérité que jamais vous ne saurez parce que vous ne parlez pas le chat. Cela fera une mort non résolue de plus, que vous accréditerez certainement au tueur en série des 5 jeunes filles d’il y a 11 ans. Parce que vous en êtes certain, il s’agissait d’un tueur en série.

Allez, je vous raconte.

Souvenez-vous, la vague de froid, début janvier. Tout avait verglacé. Partout, ce n’était que glaçons et patinoires. Odile, épuisée de sa nuit, désireuse de rentrer fissa chez elle, tira violemment sur la porte de l'observatoire qui résistait à cause des frimas. Le violent à-coup fit choir la clé au sol et précarisa une énorme stalactite suspendue à la gouttière du toit, tout juste enfantée du matin par la vague de froid. Penchée pour ramasser le trousseau, le pieu glacé, fragilisé par le choc, décréta que le moment était venu pour lui de se désolidariser définitivement de la toiture. Ainsi, du plus haut du toit, de tout son élan, la stalactite transperça Odile, dans le dos, à hauteur du cœur. Odile vacilla sans comprendre, les yeux écarquillés, avant de dévaler la pente gelée jusqu'à la rivière.

La stalactite fondit dans la chaleur du corps. Peu après, on retrouva le corps d’Odile dans l'Adour.

Ni Paul, Ni François, ni personne ne l’a assassinée. La nature seule s’en est chargée. Juste du fait d’un hiver trop glacé accouché d’un changement de climat intempestif...

 

Tranche de vie, cours de chant et coupe de glace

Nino et Jean-Baptiste sont nés avec un mois d'avance, le même jour, dans la même maternité mais pas des mêmes parents et avec 6 heures et 37 minutes d’écart.

Les liens de couveuses étant indéfectibles, depuis, ils sont inséparables quasi comme deux frères, l'index et le majeur. Ils ont grandi ensemble, fait leur puberté ensemble, l'acné juvénile ensemble, la voix qui mue ensemble et sont aux portes du bac ensemble. Ils vont même jusqu'à partager tous leurs parfums en matière de glace. Glaces qu'ils dégustent chaque après-midi au café du lycée comme un rituel porte-bonheur instauré par Jean-Bapt. Toutefois, ils n'ont pas tout à fait la même vision de leur avenir du fait des 6 heures et 37 minutes d’écart. Nino rêve d'apprendre à chanter alors que Jean-Bapt se voit continuer à déguster des coupes de glace tout en dealant de la « beuh ». Commercial quoi !

-Dis donc Nino, j'ai des supers idées pour mon futur commerce de « beuh ». Ça ne t’intéresse pas ?

- Ben non, tu sais ce que je pense de la « beuh », c'est pas ma came.

- Pourtant, je nous vois bien ensemble, tu sais, comme on a toujours été, l'index et le majeur. Notre complicité ne s'arrête pas aux coupes de glace.

Nino ne répond rien, il se demande comme annoncer à son pote de toujours, celui qu’il vénère depuis la couveuse à en être soumis, qu'après le Bac, il désertera le café du lycée pour des cours de chant.

 

                                                                     Coupe de glace 2

 

Les cours de chant

À Noël dernier, sous le sapin en carton entièrement décoré, une épaisse enveloppe au prénom de Nino tout en arabesque dorée, brillait de mille feux. Les mêmes étoiles scintillaient dans les yeux de ses parents qui souhaitaient que leur fils réalise le rêve qui tenaillait ses entrailles. L’épistole détenait trois brochures pour des écoles de chant éparpillées loin de sa terre natale. À Nino de choisir celle qui conviendrait le plus à ses attentes. Il s'en réjouissait déjà. Tellement, qu'il avait eu aussitôt l’envie de l'annoncer à son frère de couveuse. Mais un doute l'avait stoppé net. Jean-Bapt accepterait-il de voir partir Nino ?

Est-ce à dire que Jean-Bapt aurait Nino sous sa coupe... de glace ?

                                                                    Note musique

 

6 heures et 37 minutes d’écart.

Nino et Jean-Bapt sont nés le même jour, certes, mais l’écart horaire entre les deux, ça fait tout un monde ! Un thème astral quasi opposé ! Euh, n’exagérons pas, différent, c’est déjà ça. Ceci dit, Jean-Bapt avait la lune noire en maison XII, ce qui peut rendre moins sensible au côté obscur de la vie et Vénus avait déjà déserté son thème. Tandis que Mercure entrait dans celui de Nino tout en discrétion. Ajoutons là-dessus les ascendants Triton et Caribou et hop, nous passons-là dans la dimension temps X et nous obtenons la parfaite recette pour que Jean-Bapt impose ses desiderata à Nino, faisant de Nino un copain tout en obéissance.

Rassemblant son courage, Nino annonce enfin à Jean-Bapt qu’il part....

Et depuis, les langues vont bon train...

 

Gisèle et Lucienne, les vamps et commères du village

-Il paraîtrait à ce qu'il paraît, que les parents de Nino ont tout fait pour le séparer de Jean-Bapt. Pensez ma brave Lucienne, ils se doutaient bien qu'en envoyant leur fils dans une école à Perpète-les-bains, ça couperait l'amitié des garçons. Ça s’est toujours vu qu’ils n’appréciaient pas l’entente des deux gamins. Étonnant qu’ils aient attendu si longtemps pour intervenir. Je n'comprends quand-même pas pourquoi ce besoin de détruire cette relation. Certes, le petit Jean-Bapt, c'est pas un enfant de cœur ! Mais de là à tout faire pour qu’ils se séparent. C'est pas correct. Vous trouvez pas ça triste vous, une amitié comme ça qui s'achève à cause de gens qui en ont décidé autrement ?

-M’en parlez pas, ma pauvre Gisèle, j’en ai le cœur tout retourné. Il va sans dire que, sans les parents de Nino, jamais pareille tragédie ne se serait passée.

 

Nino

Marre de ces commérages qui n'entendent pas ma version, qui s'incrustent dans mon histoire et qui veulent absolument que rien ne change. Je suis heureux de partir prendre ces cours de chant. Je ne vais pas continuer à faire ma vie en fonction de Jean-Bapt. C'est vrai que j'ai eu peur de lui annoncer. Je lui ai toujours laissé un tel pouvoir sur moi ! Peut-être parce que j'avais peur de m’investir dans la vie ? Peut-être avais-je l’impression qu’il me protégeait et qu’ainsi je n’étais jamais responsable de rien ? Mais ça y est, ma décision est prise. Je pars à Perpète-les-bains. Qu'importe ce que colportent Gisèle et Lucienne. C'est bien ma décision et mes parents n'ont rien à voir dedans. Ils m'ont juste accompagné.

 

Épilogue

Effectivement, Jean-Bapt a très mal pris le départ de Nino, lui qui était presqu’une conscience, son Jiminy criket et qui l’empêchait de se fourvoyer dans les précipices.

Depuis, Jean-Bapt s'est vu offrir une jolie paire de bracelets assortie d’une petite mise à l'ombre, le temps de réfléchir à son nouveau métier plus « dans les clous » : « markéteuh ». Enfin, celui qui fait du marketing !

Il en a voulu à Nino pendant un temps, un peu comme s'il avait perdu une moitié de lui-même. Cette moitié qui finissait toujours par dire oui pour l’accompagner le long de ses doléances.

Malgré tout, son séjour à l'ombre lui a permis de réaliser que, finalement, à la place de Nino, il aurait fait tout pareil. Quand on a la liberté, c’est tellement bon d’être le seul et unique responsable de sa vie.

 

                                                                                                  Les m2

 

Nous avons toujours besoin de rendre quelqu'un responsable de nos ennuis et de nos malheurs."

Luigi Pirandello/Feu Mathias Pascal

 

Chacun, parce qu’il pense, est seul responsable de la sagesse ou de la folie de sa vie, c’est-à-dire de sa destinée.”

Platon

 

Tout le monde se presse, tout le monde se presse...

 

                                                                              Les m2

En me levant, chagrin, ce matin de bonne heure
Pendant que j’avale un café noir sans saveur

J’engloutis trois biscottes tout tartinées de beurre.
Je regarde au lointain le ciel et ses couleurs

Je cherche d’une main la tenue de rigueur
Et je me rue sous la douche à toute vapeur.

 

 Tchoutchou!!!!!!!!! tout le monde se presse   Train face

Tout le monde se presse, tout le monde se presse, Attention au départ,
Même si c’est pas l’Orient Express
Direction quelque part.
(Extrait de la chanson de Sanseverino dans le soldat rose)

Je regarde ma montre pour tenter d’être à l’heure.
Déjà en retard ! Alors de mauvaise humeur.
Dans le train fort bondé, je vois avec stupeur
Un gamin tout rougi ruisselant de sueur

Qui, sans aucun complexe, s’éponge avec ardeur
Sur l’épaule du voisin perdu dans sa torpeur.

 

           Allez, allez, vite, vite!!!   Train

Tout le monde se presse, tout le monde se presse,
Attention au départ,
Même si c’est pas l’Orient Express
Direction quelque part.

La journée a filé à plus de 100 à l’heure.
Juste de quoi empiler un maximum d’erreurs.
Tout est superficiel, plus rien en profondeur.
Le train-train quotidien, dans toute son horreur !
Et chaque jour bien sûr, ça prend bien plus d’ampleur.
À tout le temps courir, je suis la tête ailleurs !

Tout le monde se presse, tout le monde se presse, Attention au départ,
Même si c’est pas l’Orient Express
Direction quelque part.

Toujours plus vite! Toujours plus vite! Pfouuuuu! Quelle fatigue!  Train2

Stop ! Stop ! tout va trop vite, ça me fait vraiment peur.
J’ai toujours l’impression de vivre en ascenseur
Le matin dans un sens, le soir tout en lourdeur !
À tirer sur la corde, je vis dans la frayeur

Qu’un de ces jours prochains se mélangent les couleurs !

- Hâte-toi si tu veux, mais juste avec lenteur. D’interrompre le temps, fais-toi cette faveur.

Tout le monde se freine, tout le monde se freine, Attention c’est l’entracte
Ça n’était pas l’Orient Express
Direction nulle part.

Pausons-nous dans la vie, pendant que le stress y'est pas, si le stress y'était, il nous fatigu'rait, Farnientemais comme il y'est pas, il nous fatigue pas!

« Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices, Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours ! »

Alphonse de Lamartine

 

Truc et astuce : sourire 10 fois pour rien, dans la journée, surtout au volant de la voiture

Par curiositéÉloge de la lenteur de Carl Honore

L’herbe est-elle vraiment plus verte ailleurs ?

La fable de Jason et Sheeperd

Mouton1 1Jason et Sheeperd,Mouton2 1

tondeuses écolos à 4 pattes, mâchoire pendante et yeux écarquillés, buggent en admirant le green de l'enclos voisin. Ils en rêvent de cette herbe verte, tellement plus verte ! Tellement plus tendre ! Tellement plus goûtue ! Si alléchante ! Si affriolante ! Si gourmande ! Quelle félicité ce serait de la brouter ! Même seulement de la humer. Pas plus. Au début, du moins.

Mais Jason et Sheeperd ne sont pas dans le bon pourpris. Ils sont nés du mauvais côté de la barrière ! Ils se disent que leur berger aurait tout intérêt à copiner avec le voisin pour qu’il donne sa recette pour un tel gazon ou pour les y mettre à tondre.

Dès lors, dans les cerveaux de Jason et Sheeperd, s’échafaude une moutonnerie : se pourrait-il que, par le plus grand des hasards qui n’existe pas, se trouve dans la clôture, un passage pour le Nirvana d’à côté ?

Pourquoi vouloir brouter l’herbe d’à côté ?

Pour être heureux, parbleu ! À n’en pas douter, cette herbe est magique. La même couleur verte jour après jour. Une brillance comme nulle part ailleurs. Une étendue à perte de vue.

Avec pareille verdure, ils auraient deux fois plus de laine sur le dos, c’est indéniable. Également une qualité bien supérieure. Et inévitablement, plus de considération du monde entier. Ils pourraient même devenir célèbres pour leur toison, qui, n’en doutons pas, deviendrait de l’or. De véritables légendes qu’ils seraient. Des célébrités.

Ils prévoient de devenir les producteurs exclusifs de la fabrique de pelotes de laine du coin. Ils envisagent déjà la quantité qu’ils devront fournir pour alimenter le monde en pulls, couvertures, chaussettes, bonnets, gants, moufles, estampillés « Jason et Sheeperd » ou « Sheeperd et Jason ».

Ils s’imaginent, adorés, adulés, vénérés comme les rois de la toison d’or. Une cour défilera à leurs sabots chaque jour. L’herbe leur sera servie sur un plateau. Quasi pré-mâchée. Finie la tonte. Plus besoin d’effort. Plus aucune fatigue. Une vie débonnaire se déroulant comme un long fleuve tranquille, où Patrick Bouchitey chantera en s’accompagnant à la guitare : « Jésus revient, Jé-ésus revient... ». Le Paradis, le Firdaws, l’Eldorado ! Quelle béatitude !

Et tout ceci accessible par le trou, enfin repéré, dans la clôture !

L’herbe d’à côté                    Nous volons!!! sans fumée, sans alcool, juste avec un peu d'herbeMoutons

Ça y est, ils y sont ! Ils foulent doucement le green qui crisse sous leurs sabots. Rien que ce petit bruit les ravit et les met en appétit. Complètement différente de leur pâture. Leur herbe à eux ne fait pas ce crissement prometteur. Leur herbe à eux n’est pas toujours verte. Leur herbe à eux ne brille pas....

Et pour cause...

Au premier coup de dents dans le green, Jason et Sheeperd sont surpris. Le goût n’est pas vraiment celui escompté. Ils s’attendaient à ce que les brins soient tendres, juteux, exquis. Qu’ils les fassent saliver de toutes leurs glandes et qu’ils leur offrent un véritable festin. Mais rien de tel. La perplexité se lit dans leur regard. Qu’est-ce donc que cette prairie-là ?

Pour être tout à fait sûrs, ils tondent une deuxième bouchée. La font tourner en bouche. La collent au palais. La mâchent avec attention pour en extraire la substantifique moelle. Mais rien ! Tout aussi décevante. Même très désagréable. Carrément écœurante. Cette fois-ci ils recrachent la lippée. Infecte. Abjecte. Cette herbe sur laquelle Sheeperd et Jason avaient tiré des plans sur la comète s’avère repoussante. Immangeable. Pire que n’importe quel foin de 10 ans d’âge ! Quelle est donc cette sorcellerie ?

En réalité, le green n’est qu’une vaste étendue de gazon artificiel pour golfeurs amateurs ! Certainement pas une pâture à tondre avec délice.

                                        Poutons2      Pouton1

Épilogue

Quelle déception ! Si prometteur, ce gazon. Si brillant. Si parfait. Si plein de promesses. Jason et Sheeperd en avaient tellement rêvé. Tout dépités, ils rentrent la tête basse dans leur prairie. Par habitude, ils se mettent à brouter, en bonnes tondeuses écolos à 4 pattes. Ils trouvent qu’elle est quand-même meilleure cette herbe. Même si elle ne brille pas. Ne crisse pas. N’est pas toujours aussi verte.

Et puis, à se faire servir, ils se seraient empâtés, Sheeperd et Jason. Ils n’auraient plus été que des machines à pelotes de laine. Ça a son charme, peut-être ? Mais pas pour eux.

Le gazon synthétique, beurk !                  

Moralité

« Si l’herbe est plus verte dans le jardin de ton voisin, laisse-le s’emmerder à la tondre »

John Florence Sullivan dit Fred Allen, humoriste du début du XXème siècle

 

               Les m2

Tranche de vie, martinet et petit billet ...

Pour la trois cent millième fois, le lycée Boris Prévert vient d'informer par SMS urgent, que Lou, progéniture de Jessi et Lulu, avait eu 5 minutes de retard en cours de technastique.

- Comme d'habitude, répondent les parents, -nous montons d'un degré la punition. Cette fois-ci, nous fouetterons Lou, cul nu, en place publique, dès son retour. Et nous nous précipitons d'achever la cage à 3 verrous sous l'escalier pour l'y enfermer, afin de lui apprendre le respect.

Dans le même temps, Vic, également enfant de Lulu et Jessi, vient de se voir récompenser par un petit billet, somme toute, conséquent, pour avoir rangé sa chambre dans les moindres détails.

Hallelujah ! Punitions et récompenses ! On vous aime. Vous faites de nous les dieux de l'éducation. Grâce à vous, nos enfants savent où est le bien et le mal !

Lou

Lou, l'humiliation et l'injustice à fleur de larmes, maudit le ‘’chatbus’’ conduit par ses parents, qui arrive systématiquement 5 minutes en retard, du fait des embouteillages.

C’est chez Monsieur Madeleine, le voisin de palier, que Lou, tout à sa révolte bouillonnante échappée de la cage aux 3 verrous, vient chercher du réconfort. La punition infligée pour 5 petites minutes de retard, même pas de son fait, caractérise une parfaite tyrannie abyssale incommensurable ! Lou haït le monde. Alors, tout au fond de son être s’échafaude une terrible vengeance, naît d’un furieux sentiment de haine irrépressible. Sus au lycée ! Sus aux parents ! Sus à la société !

- Oh là ! intervient Monsieur Madeleine, -j'ai déjà donné dans ce sens et crois-moi, c’est un contre sens. Heureusement, j’ai croisé la compassion et l’amour de l’évêque Myriel à qui j’avais volé des couverts en argent. « N'oubliez pas, n'oubliez jamais que vous m'avez promis d'employer cet argent à devenir un honnête homme » m’a-t-il dit tout en rajoutant deux chandeliers en argent aux couverts dérobés. J’ai ainsi découvert la capacité à s’améliorer que chaque être humain possède en lui... À cette époque, je m’appelais Jean Valjean.

Vic

Vic thésaurise. Son cochon tirelire est rempli à ras bord de ses réussites récompensées. Vic range sa chambre, juste dans l’espoir de ce petit billet. Rien ne dépasse sauf l'attrait de la récompense. Vic ne le fait pas pour son bien être. Non. Seulement pour se faire aimer.

Si se faire aimer passe par les récompenses, Vic ne pourra plus jamais ruer dans les brancards. Pourtant Vic aurait de quoi, entre la pression pour devenir quelqu'un de bien et son envie impérieuse à devenir saltimbanque, reniée par ses parents. Cette fois-ci la cage est doré mais elle a aussi trois verrous.

Lou et Vic

Entre martinet pour Lou et petit billet pour Vic, le degré des punitions et des récompenses monte toujours plus loin, toujours plus fort, toujours plus haut pour s'adapter à l'exigence des âges grandissants. Faudra t-il en arriver à achever Lou sous les coups et asphyxier Vic sous une montagne d'or, pour arrêter cette escalade vertigineuse et folle ?

« Un arbre qui grandit dans une caverne ne porte pas de fruit » Kalil Gibran.

Lulu et Jessi

Avec horreur, les parents de Lou et Vic prennent conscience du pouvoir malsain et démesuré des punitions et des récompenses. Ce côté où l'irréparable pourrait devenir la seule issue par la force des choses, l'amour inconditionnel ayant déserté l'éducation.

C’est grave doc ? Oui ! Mais ça se guérit !

Lulu et Jessi décident alors de faire table rase de tous les exemples d'éducations reçues pour créer la leur propre, pleine d'amour inconditionnel, de compassion, d'accompagnements et de partages d’expériences. Les ancrages déplaisants utilisés, jusqu'à présent, sont alors déconstruits (Cf. billet « comment copiner avec nos 5 sens »). Les parents de Lou et Vic se plongent donc, voracement, dans la lecture et le visionnage de films et de livres sur le cerveau des enfants (entre autre le film documentaire de Stéphanie Brillant : le cerveau des enfants, 2018). En s’imprégnant de toutes ces découvertes, Jessi et Lulu découvrent leurs enfants sous un nouvel angle.

Non, nos enfants ne sont pas des monstres, ce sont juste des enfants.

 

                                                                                                     Les m2


 

« On ne peut pas grandir dans une maison où les gens ne s'aiment plus, si?
Non. On ne peut pas. Pousser peut-être ? Mais pas grandir
. » L'échappée belle, Ana Gavalda


 

« Les enfants, c'est fait pour grandir, pour s'en aller vers l’avenir, en laissant derrière eux des rires, plein de rêves et de souvenirs. » Yves Duteil, les fées.

À chacun sa vérité

Les m2Ou comment interpréter un même et unique événement sans importance sous le joug de notre passif émotionnel.

« Le Club des cinq » reprend du service. Dagobert aboie. Claudine, Annie, François et Mick le regardent. Que lui arrive-t-il ? Pendant que Claudine se précipite à la porte d'entrée pour souhaiter la bienvenue à un éventuel visiteur, Mick passe sur le mode défensif pour contrer un possible intrus. Annie téléphone à la police et François, tremblant, se tapit derrière le canapé.

Qu'est-ce à dire ? Personne n'a la même réaction à l'aboiement de Dagobert. Normal tout dépend du point de vue où on se place, par rapport à l'idée qu'on s'en fait.

Et l’idée qu'on s'en fait, elle vient d'où ? Du passif formaté d'être humain que nous sommes. Quel ancrage ont-ils bien pu faire avec l'aboiement ?

                                                              Dagobert

À chacun son formatage

Quand le chien de la famille hippie de Claudine aboyait, quelqu'un se précipitait à chaque fois de bon cœur pour ouvrir la porte. La tribu tenait toujours sa porte ouverte pour l'invité de passage cherchant, qui un repas, qui un abri, qui des échanges.

Pour ce qui est du chien de Mick, il avait été dressé à prévenir du danger, du fait qu'un matin, tapi dans un coin du perron, un mammouth laineux, (et oui celui-là même du billet « pourquoi sommes-nous accro aux mauvaises nouvelles ? »), avait cherché à faire intrusion dans la maison. Convenons-en, un mammouth laineux au beau milieu du salon, ça fait désordre. Vaut mieux éviter.

Quant à Annie, fille, petite-fille, et arrière petite-fille de gendarme, elle avait appris qu'au moindre aboiement suspect inhabituel, elle devait composer le 17, illico.

Quand le chien du voisin de François aboyait, c'est que son maître rentrait saoul en hurlant violemment sur tout ce qui bougeait. François s'enfonçait alors très fort les doigts dans les oreilles du fond de son placard pour ne plus rien entendre.

Notre passif émotionnel...

Problématiques, ces émotions qui interviennent sans qu'on leur demande quoi que ce soit. Certes leur arrivée impromptue sans crier gare peut parfois nous rendre service. Mais lorsqu'elles exagèrent, elles nous imposent des réactions démesurées que nous regrettons souvent par la suite.

Que faudrait-il faire pour éviter qu'elles s'indépendantisent à notre insu ?

Les regarder droit dans les yeux pour bien comprendre ce qu’elles sont.

Claudine : Une visite ? Chouette ! Sûrement un invité de passage !... Ceci dit, peut-être que j’aurais pu réfléchir avant d'aller ouvrir la porte car il n'y avait personne. J'ai l'impression qu'il faut toujours que j'ouvre ma porte à tout le monde pour me sentir bien.

Mick : L’aboiement a retenti comme une sonnette d’alarme. J'ai eu peur pour moi et les autres ! Peut-être que ce serait bien d'arrêter de voir des mammouths laineux partout !

Annie : J'étais en mode robot. Dagobert aboie. Je compose automatiquement le 17. C’est instinctif. Un réflexe venu de je ne sais où qui ne me ressemble pas du tout.

François : les aboiements de chien me terrorisent depuis tout petit. Ce voisin était si détestable ! Si glaçant ! Si effrayant ! Je voudrais bien parvenir à couper avec ce traumatisme.

Et comment on les gère, ces émotions pas toujours à bon escient?

Toute la difficulté est de cerner la réalité quand elle est voilée par la subjectivité.

Claudine, Mick, Annie et François ont juste revêtu des tenues, stockées dans la valise dégueulant de toutes les frusques de leurs ancêtres (cf. billet : être parents, c'est quoi), sans trier, sans remettre en question le moindre vêtement, ni essayer de créer leur propre collection.

Visiblement, leurs réactions automatiques irréfléchies ne leur appartiennent pas en propre. C’est ce qui leur confère un caractère inapproprié.

Donc, débarrassons-nous de ces vieux vêtements qui godent, grignent, godaillent, usés jusqu'à la trame, sans plus aucune tenue et complètement démodés

                                                                          Vetement use

Vive la collection nouvelle !

 

Finalement

Dagobert aboie juste parce qu'une mouche passe. Les quatre amis s'en amusent et rient devant l'air désabusé de Dagobert qui a raté la mouche.

Et comment qu'on se débarrasse de ces vieux vêtements poussiéreux et d'un autre temps ?

Nous, nous faisons des défis. Par exemple, à partir d’aujourd’hui et jusqu’à vendredi prochain, nous nous engageons à éliminer les négations de nos phrases : au lieu de « je n’aime pas », nous disons: « je préfère ». « Le magasin n’ouvre pas avant 10h » devient « le magasin ouvre à 10h ». « Il ne fait pas beau » devient « il pleut », « il vente » ou « il fait chaud ». Visiblement, le fait de factualiser évite de s'approprier les ressentis des autres. Nous nous créons notre propre garde-robe.

Nous mettrons régulièrement quelques trucs et astuces qui ont bien fonctionné pour nous. À vous maintenant... La langue française est très riche.

 

Suggestions

La pièce de théâtre « À chacun sa vérité » de Luigi Pirandello

Le film d'animation « la véritable histoire du petit chaperon rouge »

La chair de ma chair

Bébé gazouille, sa famille penchée sur son berceau. Comme il est mignon ce bébé, il a les yeux de l’un, le sourire de l’autre, le nez fin, les oreilles ourlées et les cheveux bruns de ses aïeux, les prénoms de ses ancêtres… Et la culotte de l’aîné. Pourra-t-il avoir ses propres pensées ?

 

L'autre jour, il nous a fait 38° de fièvre, c’était la panique, nous ne savions pas quoi faire. Un sentiment d’impuissance nous étranglait. Nous aurions voulu avoir la fièvre à sa place. Nous avons bondi sur le téléphone pour appeler le médecin.

 

Ce dernier dit :

- comment ça, il vous a fait ?

-Ben oui il a eu 38° de fièvre.

-Ah, il ne vous a rien fait à vous ! C’est juste lui qui a de la fièvre, pas vous.

Mais pourquoi il dit ça le médecin ? Cet enfant, c'est la chair de notre chair. Quand il a mal, nous avons mal. Normal, il est à nous. C'est nous qui l'élevons, c'est nous qui lui donnons à manger, c'est nous qui pensons pour lui. De toute façon, il est trop petit pour savoir s'il a froid ou chaud, il est trop petit pour savoir s'il faut se laver ou pas, il est trop petit pour savoir ce qu'il faut dire ou pas. Bon, la prochaine fois, nous changerons de médecin.

 

Ça y est, bébé a grandi, il va à l'école.

Il nous a ramené un bulletin scolaire digne du plus cancre des cancres. Pourquoi ? Lui qui a toujours décroché de très très bons résultats. Pourtant nous sommes de bons parents, il y a toujours eu quelqu'un avec lui pour l'aider à faire ses devoirs. Nous avons toujours su le motiver les jours où il n'a pas envie d'aller à l'école. Nous n'avons eu de cesse de l'encourager à réussir car il sait que l'échec est impossible. Qu'est ce qu'il nous fait ? Un coup de déprime, quand même pas un burn-out ? Pas à son âge !

Et si nous lui prenions un rendez-vous chez un psy ?

 

L'enfant est devenu adolescent.

- Nous ne savons plus quoi faire avec notre ado, tout le temps en rébellion. Et nous ne parlons même pas de ses fréquentations. L'autre jour, nous avons trouvé un pétard caché dans une de ses chaussures. C'est à cause de tout ça, qu'il ne va pas bien. On dit bien : « petit, petits soucis, grand, grands soucis ». Ce soir on lui parle.

- Ah ça vous intéresse réellement de savoir ? Parce que j'avais vraiment l'impression que ce qui vous intéressait, c’était de faire de moi un mini vous et pas de savoir ce qu’il se passe dans ma tête. Vous avez toujours tout choisi pour moi, vous voulez contrôler toute ma vie. Votre idée de psy, elle m'a juste fait croire que j'étais un mauvais enfant, que vous aviez honte de moi et que vous ne m'aimiez qu'à certaines conditions, réussite scolaire, enfant sage, poli qui ne fait jamais de bêtises. Mais c'était pas des bêtises et ce ne sont toujours pas des bêtises ! J'ai besoin de faire mes propres expériences et je n'ai jamais pu. J'ai toujours fait ce que vous vouliez.

- Mais on a tout fait pour toi, on a sacrifié notre temps libre pour tes activités extra-scolaire : le cirque, l'escalade, le piano.

- Mais c'était vos choix ! J'ai jamais voulu faire du cirque, j'ai jamais voulu faire de l'escalade, j'ai jamais voulu faire du piano. Moi je voulais dessiner tranquille dans ma chambre. Tout ça de l'adultisme.

                                                   

                                                                                               Les m2

 

« j’entre à peine dans la vie et, grâce à toi, je ne crois plus à rien, ni à personne. »

Vipère au poing, Hervé Bazin, 1948.

 

- C'est quoi ça, l'adultisme, encore un mot savant pour faire culpabiliser les parents. Dès qu'on fait quelque chose, ça nous retombe dessus.

- Et bientôt, ça va être vous les victimes. Si vous ne savez pas ce que c'est, il y a des vidéos sur internet qui explique très clairement le pouvoir que s'arroge les adultes sur les enfants sous prétexte qu'ils ont plus d'expériences. Mais justement je veux faire mes propres expériences et je ne veux pas des vôtres. Je n'ai pas obligatoirement les mêmes opinions que vous. Comment voulez-vous que je devienne un adulte responsable, si je ne peux pas m'exercer avant.

- C’est encore sur internet que tu as vu ça. Ils disent pas que des vérités. Mais qu'est-ce que tu nous fais ?

- Mais je ne vous fais rien, arrêter de vous approprier mes pensées, ma vie. Et quand j’aurai quitté la maison, vous me parlerez toujours comme ça ?

- Tu seras toujours la chair de notre chair....Mais pour toi, nous allons faire l’effort de nous renseigner sur l’adultisme.
- Avant toutes choses faites-le pour vous
:-)

 

Le prophète, Khalil GIBRAN :

 

« ... Et une femme qui portait un enfant dans ses bras dit : "parlez-nous des enfants"

Et il dit : "vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l'appel de la VIE à elle-même. Ils viennent à travers vous, mais non pas de vous. Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. Vous pouvez leur donner votre amour, mais non point vos pensées, car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez accueillir leur corps mais pas leurs âmes, car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous, car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants comme des flèches vivantes sont projetées. L'archer voit le but sur le chemin de l'infini et il vous tend de sa puissance pour que ses flèches puissent voler vite et loin. Que votre tension par la main de l'archer soit pour la joie, car de même qu'il aime la flèche qui vole, il aime l'arc qui est stable ... »

 

Et pour aller encore plus loin,

La domination adulte, d'Yves Bonnardel, Edition Myriadis.


En pre chant le respect a un enfant on ne lui apprend pas le respect on lui apprend a pre cher le respect est enseigne aux enfants en les respectant
 

 

Le Houérou du Riou Moulé

Il y a bien longtemps de cela, vivait le houérou. C'était le temps où l'eau n'arrivait pas encore dans les chaumières.

Il fallait aller la chercher à la source, dans des seaux pesants et instables. C'était là le travail, dur, pénible mais indispensable, des jeunes filles.

Celles de Montcaup puisaient l'eau du torrent rugissant et fracassant du Riou Moulé: elles marchaient un grand moment pour y parvenir, le long de ses berges capricieuses, à travers roches et estives.

Elles s'y rendaient à plusieurs pour deviser en chemin et se raconter les légendes du pays... surtout celle du houérou à laquelle, pourtant, tout le monde disait ne pas croire, pensez,

une bête,

haute de trois mètres

ressemblant à un ours, énorme

et qui selon les conteurs, enlevait

les jeunes vierges!

Cette histoire faisait rire les villageois et le houérou n'effrayait personne.

 

*****

Vînt un jour, malgré tout, où une vierge de Montcaup disparut...

Pour les habitants, il était impossible que ce fut le houérou, vu qu'il n'existait pas!

 

Ils accusèrent alors les ours.

« Tuons les tous! » crièrent les hommes.

Dans un tonnerre de coups de fusils et de cris enragés, les ours périrent.

Pas un n'en réchappa. Ce fut un massacre!

 

*****

 

... Mais les jeunes vierges continuèrent à disparaître....

Le houérou devait exister...

Tout ce carnage d'ours pour rien!

 

*****

Les jeunes filles ne voulurent plus aller puiser l'eau au torrent du Riou Moulé.

Leurs frères, quand elles en avaient un, proposèrent de s'y rendre à leur place.

Mais le temps des moissons appela les garçons aux champs.

Le problème devenait plus que sérieux...

Les villageois de Montcaup se réunirent dans l'étable. Tout en trayant les vaches, ils prirent une décision: le père de Guilhaumette, la dernière vierge, irait au torrent du Riou Moulé, avec comme appât, sa fille...

 

*****

Il n'attendît pas longtemps avant que n'apparaisse une silhouette gigantesque, mi-bête, mi-homme, qui s'empressa d'emporter Guilhaumette qui se débattait et hurlait, sous son bras.

Le père les suivit, prêt à intervenir.

 

...Mais le houérou marchait vite...

...beaucoup trop...

Le père de Guilhaumette accéléra le pas. De plus en plus.

En vain.

Le houérou l'avait semé.

 

Hébété par l'angoisse, errant, ne sachant plus quel chemin prendre, il se désespérait:

« ma fille

mon unique fille

dans les mains de ce monstre!

Mon Dieu, qu'ai-je fais?

Je dois les retrouver. »

 

Essayant chaque sentier, le temps passait.

 

*****

 

Le houérou, lui, était arrivé à sa tanière et déjà, avait plongé Guilhaumette dans un bain d'huiles parfumées au chévrefeuille, à la marjolaine et au serpolet.

Bien qu'apeurée, ce traitement lui semblait agréable.

 

...

 

C'est à ce moment que le père de Guilhaumette parvînt à la tanière. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait:

Dans un coin sombre,

des dizaines de jeunes filles se languissaient,

le teint pâle,

le regard fixe.

 

...

 

Sous la voûte éclairée d'une seule torche, le père de Guilhaumette reconnut, suspendue par les poignets, enveloppée d'une tunique de mousseline blanche, presque transparente, la fille de la dentelière de Montcaup...

Le houérou lui embrassait le bas du ventre...

Elle respirait fort;

elle aimait ses caresses.

Il passa alors sa grosse main sous la tunique et...

d'un doigt,

la déflora.

 

Quelques gouttelettes de sang tachèrent la mousseline blanche en guise de sceau.

 

Le père de Guilhaumette entendit le houérou annoncer:

« Plus qu'une, maître,

Et je serai immortel et invincible.

J'anéantirai les Hommes pour régner sur ce Monde

et de ces jeunes filles soumises que j'engrosserai,

naîtront mes sujets! »

 

 

Tout devenait clair à présent pour le père de Guilhaumette: sa fille était la dernière vierge nécessaire au houérou pour réaliser son dessein machiavelique. Il devait empêcher absolument qu'il la possède.

« Mais comment faire?

Je suis trop loin du village pour aller chercher de l'aide,

je suis seul! »

« Non »

répondit une voix caverneuse.

« Nous sommes avec toi. »

 

Le père se retourna d'un bond et découvrit les fantomes des ours, massacrés par lui-même et les villageois de Montcaup.

« Comment est-ce possible?» articula-t-il, tremblant.

« Notre mort était injuste.

Si nous décidons de t'aider,

c'est pour te donner des remords,

à toi et aux tiens,

pour avoir commis l'irréparable. »

« Vous ne m'en voulez pas? »

« La rancune est humaine. »

« Vous voulez m'aider par générosité? »

« Par justice . »

« J'accepte avec joie et je fais serment de vous honorer. »

 

La bagarre s'engagea alors...

Face aux fantomes, le houérou ne put rien.

Il tenta pourtant, s'agrippant de toutes ses forces à Guilhaumette.

Mais les ours ne lui laissèrent aucune chance.

 

Son corps fut livré aux aigles.

*****

 

Aujourd'hui les villageois de Montcaup ont élevés une statue à la gloire des ours, sur la place du marché. En guise de remerciements, chaque jeune fille qui se marie lui fait une offrande.

 

Tranche de vie, chamaillerie, émois, émois, et moi ...

La version de "Lulu"Chaussette rouge

« Une chaussette rouge à pois jaune et une verte à étoiles bleues. Est-ce bien raisonnable ? ».

« Pffffff, t'es vraiment pénible avec tes histoires de chaussettes. » répondit Jessi, agressivement.

D’accord, j’ai laissé traîner mes chaussettes deux jours. Ce n’est pas une raison pour les ranger en les dépareillant ! D’habitude c’est moi qui les range ! Ok, Jessi est de mauvais poil. Une fois de plus ! Je ne vais pas insister. Je sais me taire quand il le faut. Je vais partir sans lui faire de bisou, pas envie de m’en ramasser une autre dans la figure. Zut, le vent a fait claquer la porte derrière moi ! Jessi va penser que je l’ai fait exprès.
La version de "Jessi" Chaussette verte

« Une chaussette rouge à pois jaune et une verte à étoiles bleues. Est-ce bien raisonnable ? » dit Lulu, en s’énervant.

« Pffffff, t'es vraiment pénible avec tes histoires de chaussettes » que je lui ai répondu.

Ça a un peu fâché Lulu, ma réponse, on dirait, pour partir ainsi en vrille et remettre même notre complicité en question ! Tout ça pour des chaussettes dépareillées. C'est pas un peu exagéré quand-même ? Et maintenant Lulu claque la porte. Vraiment très en colère ! Ah ces gens qui se mettent en colère pour un rien, quelle plaie ! On a l'impression qu'il faudrait toujours faire gaffe à ce qu'on dit.

 

Et voilà, un conflit est né ! Eclair

Lulu s’avoue : OK, peut-être que je n’aurais pas dû faire cette remarque. C’était quand-même sympa de les ranger. Mais en les dépareillant ! Quand-même, Jessi aurait pu faire attention. En fait, si je suis honnête, c'est moi que ça a mis de mauvais poil. Alors j’ai froncé les sourcils et pincé les lèvres. Il faut que Jessi comprenne ce que ça m’a fait ! Si je laisse toujours tout passer, où allons-nous ? C’est très rare que je laisse traîner quelque chose. Je n’ai pas eu le temps de ranger, c’est tout ! Ça peut se comprendre tout de même ! J’ai horreur que l'on me prenne en défaut. Je ne suis pas complètement sans faille, certes, mais je déteste le reconnaître. De toute façon, personne n’est parfait !

Jessi s’avoue : Ok ma réflexion est un peu rentre dedans, j'en conviens. Mais il fallait que ça sorte. Pour une fois que je rangeais « ses » chaussettes, Lulu râle. Pas cool ! J'ai pourtant rien fait de mal. Bon, si je suis honnête, c'est moi que ça a fait partir un peu en vrille et dans ces cas là, j’aime bien exagérer et remettre notre complicité en question. Je ne suis pas tout à fait sans faille, certes. Mais c’est difficile de le reconnaître. De toute façon personne n’est parfait !

 

Les véritables dessous de l'histoire :

Émois de Lulu : C’était super vexant que Jessi me réponde ça. C’est si rare que je laisse traîner mes chaussettes. J’essaye de toujours faire attention. Pourquoi Jessi ne remarque que ce qui ne va pas ? Je déteste que l’on range mes chaussettes à ma place. Que Jessi dépareille mes chaussettes me porte à croire à un manque flagrant de respect pour moi.

Émois de Jessi : C’était super vexant que Lulu me dise ça. C’était si jouissif d’avoir rangé ses chaussettes, moi qui ne le fais jamais puisque Lulu s’en occupe. J’ai fait exprès de les dépareiller pour bien faire voir que je les avais rangées. Un petit clin d’œil juste pour que Lulu sache que j’apprécie notre complicité. Mais visiblement, Lulu s’en fiche.


Et moi ...

Et si nous arrêtions de dire que tout ce que nous faisons, nous le faisons pour les autres ? Ce qui est, reconnaissons-le, un brin culpabilisant... pour les autres.

En fait, peut-être que Jessi a rangé les chaussettes seulement parce qu'elles traînaient depuis 2 jours ? Juste pour ne plus les voir traîner.

Et si en réalité nous faisions toujours les choses pour nous ?

Jessi, en s’avouant avoir ranger les chaussettes uniquement pour son confort et non pour faire voir que Lulu ne l'avait pas fait, il y a fort à parier que cette source de conflit aurait été éliminée.

Est-ce à dire que si nous acceptions de reconnaître que tous nos actes, nous les faisons pour nous et uniquement nous, par rapport à notre vécu, à notre formatage, cela pourrait changer les choses ? Serait-ce une piste pour communiquer en bienveillance ?

Allez hop, on essaye !

 

Épilogue.

Quelques temps plus tard, après s’être formés à la communication bienveillante, Lulu et Jessi décident ensemble de dépareiller toutes leurs chaussettes. Cela leurs rappelle leur engagement à communiquer de façon bienveillante. Et aussi combien, il est facile de se laisser aller au conflit, quand on laisse ses émotions prendre les commandes.

Leur version commune :

"Merci d'avoir rangé mes chaussettes qui traînaient. J’ai procrastiné sur ce coup-là".

"Avec plaisir. Ceci dit, la prochaine fois, j’éviterai de gérer les choses à ta place".

 

                                                                                                  Les m2


 

Suggestions de lecture :

À qui ferais-je de la peine si j'étais moi-même ? De Jacques Salomé

La communication non violente au quotidien de Marshall B. Rosenberg

 

Comment en arrive-t-on à l'éducation bienveillante?

Les m2Ça y est, nous allons être parents ! Le ventre de madame s'arrondit pendant que monsieur commence à se ronger les ongles.

Serait-ce que futur papa égrène déjà l'infinitude des responsabilités à perpétuité envers ce bambin pour bien l'éduquer ?

Future maman, de son côté, tout à ses hormones depuis son petit nuage, jubile, vomi ou/et pleure...

Le ventre s'arrondit encore. Lui, décide d’envisager plus concrètement son rôle de père pour épargner ses ongles. Donc il en parle à son collègue qui a lui-même 3 enfants.

Collègue qui lui suggère d'écrire noir sur blanc le papa qu'il rêve d'être. Pas le contraire de son père à lui ni un ersatz ! Non ! Mais un papa tout neuf, avec ses propres convictions et ses envies à lui.

Ben facile ! Attrapant une feuille blanche A4, le stylo plume dans la main, il écrit... rien... c'est le vide sidéral : que tchi, nada, walou !!!

Futur papa décide alors d'enquêter plus avant auprès du collègue pour en savoir plus. C'est bien joli de lancer des trucs comme ça, encore faut-il aiguiller.

 

Le collègue propose une piste, l'éducation bienveillante.

 

Future maman en a entendu parler, mais ça paraît à la fois tellement idyllique et tellement compliqué à mettre en place qu'elle freine des quatre fers.

Bon, nous achetons quand même Le Livre qui va tout expliquer. Y a plus qu'à apprendre tout par cœur pour le mettre en pratique quand bébé sera là. En lisant, il y a des choses qui contrarient, toute cette considération envers les enfants, alors que nous n'en avons pas reçu, nous, petits. Dès lors, est-ce vraiment nécessaire ?

Repapotons avec le collègue et son épouse qui ont l'air de s'en sortir les doigts dans le nez, avec leurs 3 bambins.

Ils racontent combien, avant, ils ont pu dégoupiller, hurler, s’égosiller, fesser même parfois, sans arriver à quoi que ce soit : pendant que l'aîné jouait gaiement aux dominos avec les céréales, que le second écrasait jouissivement les dits-dominos de ses 10 doigts et que le troisième étudiait à la loupe sa récente production dans le pot, la seule idée qui leurs venait était de leurs crier d'arrêter. Mais les enfants sont sourds au cris. Et voilà que l'aîné et le second s’empoignaient à cause des céréales-donimos pendant que le dernier avait fini par plonger, tête la première, dans le pot. Beurk !

S'arracher les cheveux ? À quoi cela aurait servi mis à part à avancer l’âge d’une éventuelle calvitie, pour lui ? Crier ? À quoi bon user ses cordes vocales, ils n'entendaient toujours pas. Alors ils finissaient par dire aux 2 aînés : « attention papa va se fâcher très très fort, si vous n’arrêtez pas tout de suite. Vous la voyez celle-là ? Elle va s’abattre sur vos joues réjouies avant même que vous ayez compris ce qu’il vous arrive ! ». Quant au dernier, le noyer sous la douche en frottant énergiquement était certainement la seule façon de le ravoir.

Tu parles d'une RTT! Profitez de vos enfants qu’ils disaient.

Menace, chantage, noyade, rien n'y faisait, la solution était ailleurs...

 

La vie est comme un pont

Le collègue explique ce qu'il a compris du principe de base. Considérons que l'enfant qui naît doit obligatoirement aller de son premier souffle à sa mort. Ce qui est le cas de tout le monde, sauf peut-être pour les extra-terrestres. Si quelqu’un connaît un extra-terrestre qui peut nous renseigner, cela nous intéresse.

Imaginons maintenant la vie comme un pont reliant ces deux paramètres incontournables.

Entre les deux rives, cachées au fond de l’abîme, se trouvent toutes les inconnues de la vie qui font flipper, parce que, justement, elles sont inconnues.

De plus, la violence, les interdits, les injustices, les incompréhensions, les punitions, les récompenses, l'autoritarisme, le laxisme... mettent des obstacles sur le pont. Forcément, un obstacle, ça donne envie de le dépasser. Surtout quand l’enfant doit aller obligatoirement de l’autre côté du pont. Il va donc inévitablement devoir, soit les contourner en évitant la chute dans le précipice, soit passer par dessus sans forcément en avoir les capacités.

Nous, les parents, sommes là pour rassurer l’enfant en lui livrant tous les outils adéquats afin de sécuriser son pont, en construisant des rambardes : c'est l'éducation bienveillante.

 

Comment le collègue a t-il construit les rambardes ?

Comprenant que les enfants sont les plus grands « copiteurs » de la Terre, au moins, de Mars, on sait pas, le collègue s'est attelé à remettre en question ses comportements. Quand il était enfant, qu'attendait-il de son père, qu'il n’a pas forcément eu. Sur sa feuille blanche A4, il a écrit le papa dont il avait rêvé. C'est les larmes aux yeux qu'il réalise que la seule chose qu'il attendait, lui, enfant, c'était que ses parents l'aiment comme il était, pour l'accompagner dans ses expériences à grandir. L'amour inconditionnel, quoi ! Il s'est donc mis en quête de guérir ses blessures afin d'arrêter de les transmettre et a décidé de mettre en place l'éducation bienveillante.

 

Futur papa et future maman, sur la route de la maternité, se disent que l'arrivée d'un bébé ça vaut le coup de changer des choses, même si ça paraît compliqué. Ils se sentent prêts maintenant à s'investir dans l’éducation bienveillante, quitte à remettre en question leurs acquis éducationnels.

 

Un livre que nous apprécions : " Une éducation bienveillante et efficace " Laurence Dudek

 

Pourquoi sommes-nous accros aux mauvaises nouvelles ?

Alors que nous rêvons de bonheur, de paix, de joie et de petits oiseaux, nous nous intéressons principalement à toutes les informations (actualités, films, livres...) qui vont activer nos craintes.

 

Pourquoi donc avons-nous ce besoin de secouer nos peurs ?

L’Être humain s’est redressé sur ses deux pieds pour mieux apercevoir les éventuels prédateurs potentiels qui le menaçaient à l’époque. C’était à la condition de les voir venir très tôt qu’il pouvait s’en sortir. Soit il fuyait, soit il terrassait l’attaquant. Seuls les plus forts s’en sortaient.

À l’époque, il s’agissait de techniques de survie. Ainsi l’Homme donnait l’exemple aux plus jeunes que pour s’en sortir, il fallait, ou fuir très vite à la vitesse du mur du son, ou écraser les menaces façon Hulk.

Et ce schéma a perduré longtemps, longtemps, longtemps... jusqu’à.... disons... aujourd’hui ? Oui, aujourd’hui.

Aujourd’hui donc, le risque de se faire charger par un mammouth laineux ou un lion des cavernes dans notre quotidien est, disons-le, quasi nul (nous acceptons que le risque zéro n'existe pas). Donc les réflexes de fuite ou d'attaque devraient être majoritairement apaisés. Sauf que nous avons un cerveau archaïque, qui lui, adore la ramener avec ses vieux formatages non reprogrammés au goût du jour, pour mieux nous maintenir dans la peur mon enfant. En plus, l’inconscient collectif s'en mêle. Quel fouillis !

Lion des cavernes                  Mammouth 4

Nos peurs auraient-elles du pouvoir ?

Que dire du voisin qui nous téléphone alors que nous sommes en pleine fête d’anniversaire, pour nous parler de la dernière catastrophe qui se passe aux antipodes, pour laquelle nous ne pouvons rien faire mais qui distille quand-même la peur au ventre ? Et même qu’il en rajoute ! La fête est gâchée. Fort à parier que les prochaines aussi, parce que nous aurons fait l’ancrage fête-catastrophe. Même sans y penser, les anniversaires garderont un goût amer, sans savoir pourquoi, parce que nous aurons oublié cet évènement.

C’est qu’il est investi dans le monde, lui, le voisin, à jongler avec toutes les catastrophes ! Il en répand des paniques dans nos ventres ! Dans son ton désapprobateur, nous entendons notre honte à ne pas être aussi investi que lui. Le voisin a gagné ! Nous culpabilisons ! À lui, le pouvoir sur nous en distillant la peur. Est-ce à dire que de s’attacher aux catastrophes permettrait de manipuler les autres par nos angoisses ?

Et si nous étions bercés depuis notre plus tendre enfance par la peur !

Quand on voit que Cendrillon, la belle au bois dormant, Bambi, Blanche neige, … sont tous passés par une catastrophe pour trouver le bonheur, devons-nous en déduire que la condition sine qua non pour parvenir au saint Graal est de passer par le malheur. Oh ben quand même !

Heureusement que Shrek est arrivé et que le Grinch a rencontré Cindy-Lou Chou de Chouville !

Les mauvaises nouvelles, ça sert à quoi d’autre ?

Les mauvaises nouvelles, c’est pratique aussi pour communiquer. Léon Tolstoï dans Anna Karénine, disait que les « gens heureux n’ont pas d’histoire ». Alors comment animer une conversation sans histoire parce qu'on est heureux ? Par chance, les mauvaises nouvelles sont là pour agrémenter les conversations !

Donc !

Résumons. Aujourd’hui, nous voulons le bonheur, la paix, la joie et les cui-cuis des petits oiseaux. Mais notre cerveau archaïque fait tout pour nous maintenir dans l’anxiété, des fois que le mammouth laineux ou le lion des cavernes nous attendraient au coin d'une rue bien sombre. Alors, en stockant les mauvaises nouvelles, nous nous assurons que nous serons à même d’identifier et d’analyser les dangers qui toqueront à notre porte. Ouf ! Ainsi, nous échapperons au mammouth laineux et ferons face au lion des cavernes.

Bon, soyons honnêtes, nous savions avant même de stocker ces informations que le mammouth laineux et le lion des cavernes n'existaient plus. Cette peur ancestrale, bien qu'inutile aujourd’hui, justifie le stockage des mauvaises nouvelles, qui à leurs tours justifient que l'on se prémunisse des dangers, qui à leurs tours nous détournent des cui-cuis des petits oiseaux qui finissent par se faire avaler tout cru par le lion des cavernes, qui à son tour revient semer la terreur alors qu'il n'existe toujours plus ! La boucle est bouclée. Vicieux le cercle, quand même !

Il est bien évident que le nez dans le guidon, nous passons vite fait sur les choses sans danger donc apparemment sans intérêt pour, plutôt, nous focaliser à survivre. Et dès lors que nous mettons un orteil dans le camp des catastrophes, c'en est fini de notre maîtrise corporelle. Nous nous faisons gober entièrement par cette addiction. Terminé les cui-cuis, remettons la tête dans le guidon ! Qu'est-ce qui nous a pris de vouloir le bonheur !

Alors, le bonheur, c’est fichu ?

Heureusement non ! Dès lors que nous prenons conscience que de toujours être en état d'alerte, cela nous empêche de profiter du bonheur, nous cherchons à changer. Commençons par rationaliser notre cerveau archaïque. Sortons notre boite à outils pleine de techniques, de trucs et astuces et reprogrammons-le au goût du jour pour nous autoriser, enfin, à voir le bonheur qui se niche partout. Et non, le bonheur, ce n’est pas un gros paquet cadeau qui arrive par la poste.

Ces choses qui nous paraissent sans intérêt font pourtant notre bonheur. Nous nous attendrissons devant la petite fille de deux ans qui dérobe le téléphone de sa maman pour appeler sa mamie en cachette. Qui lui raconte sa journée, dans un langage pas toujours adapté aux tubes creux des téléphones et qui, lorsque la mamie veut raccrocher, lui dit : j’ai pas fini !

                                                                                                Les m2

                                                                                                   

Nous nous réjouissons de commencer notre journée au Miam-Ô-Fruit qui nous va bien et qui nous fait un beau teint, entre autre.

Nous nous rendons compte que, plus nous remarquons ces moments-là, plus il s’en produit. Vertueux, le cercle, cette fois-ci.

E puis pour finir, ces quelques mots de Léon Tolstoï (encore lui) :

 « Quel est le sens de la vie si cela finit toujours par la mort ? Chaque minute de mon existence aura un sens incontestable et profond qu’il sera en mon pouvoir d’imprimer à chacune de mes actions : celui du bien. »

Être parents, c'est quoi ... ?

Les m2C’est le plus vieux métier du monde depuis que l’Homme existe (Et non ! ce n’est pas la prostitution, comme l’a baptisée Rudyard Kipling dans sa nouvelle de 1888 : Sur le mur de la ville.) Donc, comme tout métier, il y a besoin d’un mode d’emploi. Sauf que, Charlemagne n’ayant pas eu de jumeau à la barbe fleurie, il n’y a jamais eu d’école pour devenir parents. Être parents se doit d’être instinctif, inné, même si c’est « à la va que j’te pousse ».

 Nous tenons notre éducation de nos parents qui eux-mêmes la tiennent de leurs parents, qui eux-mêmes la tiennent de leurs parents, qui eux-mêmes la tiennent de leurs parents, qui eux-mêmes la tiennent de leurs parents… Bref, nous l’avons compris, et ce, depuis que l’homme s’est redressé sur ses 2 pieds. Cette éducation est restée la même depuis le début, à cela près que chaque génération y a mis son grain de sel, tantôt peaufinant certains aspects, tantôt reniant d’autres caractéristiques, tout en gardant sa substantifique moelle venue du fond des âges.

Imaginons que notre éducation soit une valise remplie de vêtements. Depuis les peaux de bêtes de nos premiers ancêtres aux jeans troués d’aujourd’hui, en passant par les toges du néolithique, les braies des Gaulois, les broderies de la renaissance, les corsages baleinés du XVIIème, les perruques de la Régence, les Sans-culottes de la Révolution, les crinolines du second Empire, les froufrous des années folles, les bikinis des Sixties délurées, les pattes d’éph des Seventies émancipées, c’est tout une garde-robe éclectique qui s’offre à nous. Bien chargée la valise! Et souvent difficile à porter tous ces vêtements démodés. Si toutefois certaines tenues reviennent au goût du jour, encore faut-il que la taille soit bonne, ça serre d’un côté, ça baille de l’autre, non, vraiment, ça va pas le faire.

                                                                    Valise pleine 1            

Et bien, c’est pareil avec notre façon d’être parent. On hérite, on hérite, on hérite, mais on a perdu de vue que l’être humain est en perpétuelle évolution.

                                                       Longue vue 1

Quand parents riment avec éducateurs sans formation 

Au moment de devenir parents, nous avons donc une pleine valise d’exemples.

Toutefois, nous, nous voulons être des parents parfaits, car soyons honnêtes, on pourrait mettre « peu mieux faire » à nos éducateurs. Effectivement, il y a des choses que l’on a appréciées et d’autres que l’on a détestées. On va donc vouloir reproduire ce qui nous a convenu et faire l’inverse de ce qui nous a déplu, voire meurtri. 

Première chose : identifier ce que l’on a détesté. En général, ce sont les fessées, les remontrances, les réflexions, les humiliations, les coups, les injures, les abandons, les rejets, les trahisons, les injustices, le laxisme, l’autoritarisme, la soumission...

Bon, ayant conscience de cela, il va être facile, en faisant l’inverse, d’éviter ces écueils... Sauf que, lorsque nous serons fatigués de toujours faire le contraire de ce que nous avons vécu et que les comportements déstabilisants, imprévisibles appuyant là où ça fait mal et inadéquats de nos chérubins auront fait remonter les blessures non-guéries de notre enfance, nous aurons le cocktail idéal pour dégoupiller. Et c’est ce que nous ferons ! Nous nous arracherons les cheveux pour trouver l’art et la manière d’avoir des enfants sages dont on nous fera des compliments. Des enfants qui réussiront. Des enfants qui feront de bons adultes et dont on sera fiers. Il y a tellement d’enfants qui font honte ! C’est terrible des enfants qui font honte ! Et que dire du regard désapprobateur des personnes alentour ?

L’espace de ce moment, nous ferons tout ce que l’on s’était promis de ne pas faire, quitte à le regretter plus tard.

 

Se pourrait-il qu’il y ait des techniques ?

Oui, s’essayer à l’éducation bienveillante ou positive et diablement efficace. Les détracteurs diront que c’est du laxisme que ça fait des enfants rois, que les enfants ne savent pas se défendre devant les agressions, que ça les responsabilise trop tôt les empêchant de vivre leur vie d’enfants, que ça culpabilise les parents, que ça prend du temps, de l’énergie. Un enfant ça ne sait rien, c’est nous les adultes qui devons les guider car c’est nous qui savons pour eux à travers nos expériences. « Et puis, c’est comme ça et pas autrement, personne n’en est mort ». Qu’est-ce qu’on va tout remettre en question ? Donc inutile de chercher à changer ce qui a toujours été et qui fonctionne très bien. Nous ne sommes, finalement, pas si mal que ça. Info ou intox ?

Pour notre part, nous avons testé l’éducation bienveillante et efficace, en dépit de tous nos doutes et de notre côté réfractaire aux changements compliqués qui pourrait prendre du temps, et à l’apprentissage de ces techniques, et nous avons adoré. Cela nous a appris à considérer nos enfants différemment ; à apprendre d’eux autant qu’ils apprennent de nous ; à se souvenir que nous avons été des enfants avec tout le lot de « bêtises », de besoins, de rêves, de larmes, de cris... qui s’y rattache ; à retrouver la joie et le bonheur d’être parents dans un quotidien mouvementé ; à apaiser les relations ; à lâcher ladite valise car tant que l’on fera pareil ou à l’inverse ce ne sera pas nous, ça sclérosera notre créativité profonde. Bien sûr, les blessures de notre enfance auront besoin d’être guéries, entendues, accueillies et ça c’est un autre aspect de la parentalité : nos enfants et notre enfant intérieur. Être parents, c’est un cheminement plein de bonheur.