bien-être

Tranche de vie, chamaillerie, émois, émois, et moi ...

La version de "Lulu"Chaussette rouge

« Une chaussette rouge à pois jaune et une verte à étoiles bleues. Est-ce bien raisonnable ? ».

« Pffffff, t'es vraiment pénible avec tes histoires de chaussettes. » répondit Jessi, agressivement.

D’accord, j’ai laissé traîner mes chaussettes deux jours. Ce n’est pas une raison pour les ranger en les dépareillant ! D’habitude c’est moi qui les range ! Ok, Jessi est de mauvais poil. Une fois de plus ! Je ne vais pas insister. Je sais me taire quand il le faut. Je vais partir sans lui faire de bisou, pas envie de m’en ramasser une autre dans la figure. Zut, le vent a fait claquer la porte derrière moi ! Jessi va penser que je l’ai fait exprès.
La version de "Jessi" Chaussette verte

« Une chaussette rouge à pois jaune et une verte à étoiles bleues. Est-ce bien raisonnable ? » dit Lulu, en s’énervant.

« Pffffff, t'es vraiment pénible avec tes histoires de chaussettes » que je lui ai répondu.

Ça a un peu fâché Lulu, ma réponse, on dirait, pour partir ainsi en vrille et remettre même notre complicité en question ! Tout ça pour des chaussettes dépareillées. C'est pas un peu exagéré quand-même ? Et maintenant Lulu claque la porte. Vraiment très en colère ! Ah ces gens qui se mettent en colère pour un rien, quelle plaie ! On a l'impression qu'il faudrait toujours faire gaffe à ce qu'on dit.

 

Et voilà, un conflit est né ! Eclair

Lulu s’avoue : OK, peut-être que je n’aurais pas dû faire cette remarque. C’était quand-même sympa de les ranger. Mais en les dépareillant ! Quand-même, Jessi aurait pu faire attention. En fait, si je suis honnête, c'est moi que ça a mis de mauvais poil. Alors j’ai froncé les sourcils et pincé les lèvres. Il faut que Jessi comprenne ce que ça m’a fait ! Si je laisse toujours tout passer, où allons-nous ? C’est très rare que je laisse traîner quelque chose. Je n’ai pas eu le temps de ranger, c’est tout ! Ça peut se comprendre tout de même ! J’ai horreur que l'on me prenne en défaut. Je ne suis pas complètement sans faille, certes, mais je déteste le reconnaître. De toute façon, personne n’est parfait !

Jessi s’avoue : Ok ma réflexion est un peu rentre dedans, j'en conviens. Mais il fallait que ça sorte. Pour une fois que je rangeais « ses » chaussettes, Lulu râle. Pas cool ! J'ai pourtant rien fait de mal. Bon, si je suis honnête, c'est moi que ça a fait partir un peu en vrille et dans ces cas là, j’aime bien exagérer et remettre notre complicité en question. Je ne suis pas tout à fait sans faille, certes. Mais c’est difficile de le reconnaître. De toute façon personne n’est parfait !

 

Les véritables dessous de l'histoire :

Émois de Lulu : C’était super vexant que Jessi me réponde ça. C’est si rare que je laisse traîner mes chaussettes. J’essaye de toujours faire attention. Pourquoi Jessi ne remarque que ce qui ne va pas ? Je déteste que l’on range mes chaussettes à ma place. Que Jessi dépareille mes chaussettes me porte à croire à un manque flagrant de respect pour moi.

Émois de Jessi : C’était super vexant que Lulu me dise ça. C’était si jouissif d’avoir rangé ses chaussettes, moi qui ne le fais jamais puisque Lulu s’en occupe. J’ai fait exprès de les dépareiller pour bien faire voir que je les avais rangées. Un petit clin d’œil juste pour que Lulu sache que j’apprécie notre complicité. Mais visiblement, Lulu s’en fiche.


Et moi ...

Et si nous arrêtions de dire que tout ce que nous faisons, nous le faisons pour les autres ? Ce qui est, reconnaissons-le, un brin culpabilisant... pour les autres.

En fait, peut-être que Jessi a rangé les chaussettes seulement parce qu'elles traînaient depuis 2 jours ? Juste pour ne plus les voir traîner.

Et si en réalité nous faisions toujours les choses pour nous ?

Jessi, en s’avouant avoir ranger les chaussettes uniquement pour son confort et non pour faire voir que Lulu ne l'avait pas fait, il y a fort à parier que cette source de conflit aurait été éliminée.

Est-ce à dire que si nous acceptions de reconnaître que tous nos actes, nous les faisons pour nous et uniquement nous, par rapport à notre vécu, à notre formatage, cela pourrait changer les choses ? Serait-ce une piste pour communiquer en bienveillance ?

Allez hop, on essaye !

 

Épilogue.

Quelques temps plus tard, après s’être formés à la communication bienveillante, Lulu et Jessi décident ensemble de dépareiller toutes leurs chaussettes. Cela leurs rappelle leur engagement à communiquer de façon bienveillante. Et aussi combien, il est facile de se laisser aller au conflit, quand on laisse ses émotions prendre les commandes.

Leur version commune :

"Merci d'avoir rangé mes chaussettes qui traînaient. J’ai procrastiné sur ce coup-là".

"Avec plaisir. Ceci dit, la prochaine fois, j’éviterai de gérer les choses à ta place".

 

                                                                                                  Les m2


 

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