Comment en arrive-t-on à l'éducation bienveillante?

Les m2Ça y est, nous allons être parents ! Le ventre de madame s'arrondit pendant que monsieur commence à se ronger les ongles.

Serait-ce que futur papa égrène déjà l'infinitude des responsabilités à perpétuité envers ce bambin pour bien l'éduquer ?

Future maman, de son côté, tout à ses hormones depuis son petit nuage, jubile, vomi ou/et pleure...

Le ventre s'arrondit encore. Lui, décide d’envisager plus concrètement son rôle de père pour épargner ses ongles. Donc il en parle à son collègue qui a lui-même 3 enfants.

Collègue qui lui suggère d'écrire noir sur blanc le papa qu'il rêve d'être. Pas le contraire de son père à lui ni un ersatz ! Non ! Mais un papa tout neuf, avec ses propres convictions et ses envies à lui.

Ben facile ! Attrapant une feuille blanche A4, le stylo plume dans la main, il écrit... rien... c'est le vide sidéral : que tchi, nada, walou !!!

Futur papa décide alors d'enquêter plus avant auprès du collègue pour en savoir plus. C'est bien joli de lancer des trucs comme ça, encore faut-il aiguiller.

 

Le collègue propose une piste, l'éducation bienveillante.

 

Future maman en a entendu parler, mais ça paraît à la fois tellement idyllique et tellement compliqué à mettre en place qu'elle freine des quatre fers.

Bon, nous achetons quand même Le Livre qui va tout expliquer. Y a plus qu'à apprendre tout par cœur pour le mettre en pratique quand bébé sera là. En lisant, il y a des choses qui contrarient, toute cette considération envers les enfants, alors que nous n'en avons pas reçu, nous, petits. Dès lors, est-ce vraiment nécessaire ?

Repapotons avec le collègue et son épouse qui ont l'air de s'en sortir les doigts dans le nez, avec leurs 3 bambins.

Ils racontent combien, avant, ils ont pu dégoupiller, hurler, s’égosiller, fesser même parfois, sans arriver à quoi que ce soit : pendant que l'aîné jouait gaiement aux dominos avec les céréales, que le second écrasait jouissivement les dits-dominos de ses 10 doigts et que le troisième étudiait à la loupe sa récente production dans le pot, la seule idée qui leurs venait était de leurs crier d'arrêter. Mais les enfants sont sourds au cris. Et voilà que l'aîné et le second s’empoignaient à cause des céréales-donimos pendant que le dernier avait fini par plonger, tête la première, dans le pot. Beurk !

S'arracher les cheveux ? À quoi cela aurait servi mis à part à avancer l’âge d’une éventuelle calvitie, pour lui ? Crier ? À quoi bon user ses cordes vocales, ils n'entendaient toujours pas. Alors ils finissaient par dire aux 2 aînés : « attention papa va se fâcher très très fort, si vous n’arrêtez pas tout de suite. Vous la voyez celle-là ? Elle va s’abattre sur vos joues réjouies avant même que vous ayez compris ce qu’il vous arrive ! ». Quant au dernier, le noyer sous la douche en frottant énergiquement était certainement la seule façon de le ravoir.

Tu parles d'une RTT! Profitez de vos enfants qu’ils disaient.

Menace, chantage, noyade, rien n'y faisait, la solution était ailleurs...

 

La vie est comme un pont

Le collègue explique ce qu'il a compris du principe de base. Considérons que l'enfant qui naît doit obligatoirement aller de son premier souffle à sa mort. Ce qui est le cas de tout le monde, sauf peut-être pour les extra-terrestres. Si quelqu’un connaît un extra-terrestre qui peut nous renseigner, cela nous intéresse.

Imaginons maintenant la vie comme un pont reliant ces deux paramètres incontournables.

Entre les deux rives, cachées au fond de l’abîme, se trouvent toutes les inconnues de la vie qui font flipper, parce que, justement, elles sont inconnues.

De plus, la violence, les interdits, les injustices, les incompréhensions, les punitions, les récompenses, l'autoritarisme, le laxisme... mettent des obstacles sur le pont. Forcément, un obstacle, ça donne envie de le dépasser. Surtout quand l’enfant doit aller obligatoirement de l’autre côté du pont. Il va donc inévitablement devoir, soit les contourner en évitant la chute dans le précipice, soit passer par dessus sans forcément en avoir les capacités.

Nous, les parents, sommes là pour rassurer l’enfant en lui livrant tous les outils adéquats afin de sécuriser son pont, en construisant des rambardes : c'est l'éducation bienveillante.

 

Comment le collègue a t-il construit les rambardes ?

Comprenant que les enfants sont les plus grands « copiteurs » de la Terre, au moins, de Mars, on sait pas, le collègue s'est attelé à remettre en question ses comportements. Quand il était enfant, qu'attendait-il de son père, qu'il n’a pas forcément eu. Sur sa feuille blanche A4, il a écrit le papa dont il avait rêvé. C'est les larmes aux yeux qu'il réalise que la seule chose qu'il attendait, lui, enfant, c'était que ses parents l'aiment comme il était, pour l'accompagner dans ses expériences à grandir. L'amour inconditionnel, quoi ! Il s'est donc mis en quête de guérir ses blessures afin d'arrêter de les transmettre et a décidé de mettre en place l'éducation bienveillante.

 

Futur papa et future maman, sur la route de la maternité, se disent que l'arrivée d'un bébé ça vaut le coup de changer des choses, même si ça paraît compliqué. Ils se sentent prêts maintenant à s'investir dans l’éducation bienveillante, quitte à remettre en question leurs acquis éducationnels.

 

Un livre que nous apprécions : " Une éducation bienveillante et efficace " Laurence Dudek

 

Ajouter un commentaire