Être parents, c'est quoi ... ?

Les m2C’est le plus vieux métier du monde depuis que l’Homme existe (Et non ! ce n’est pas la prostitution, comme l’a baptisée Rudyard Kipling dans sa nouvelle de 1888 : Sur le mur de la ville.) Donc, comme tout métier, il y a besoin d’un mode d’emploi. Sauf que, Charlemagne n’ayant pas eu de jumeau à la barbe fleurie, il n’y a jamais eu d’école pour devenir parents. Être parents se doit d’être instinctif, inné, même si c’est « à la va que j’te pousse ».

 Nous tenons notre éducation de nos parents qui eux-mêmes la tiennent de leurs parents, qui eux-mêmes la tiennent de leurs parents, qui eux-mêmes la tiennent de leurs parents, qui eux-mêmes la tiennent de leurs parents… Bref, nous l’avons compris, et ce, depuis que l’homme s’est redressé sur ses 2 pieds. Cette éducation est restée la même depuis le début, à cela près que chaque génération y a mis son grain de sel, tantôt peaufinant certains aspects, tantôt reniant d’autres caractéristiques, tout en gardant sa substantifique moelle venue du fond des âges.

Imaginons que notre éducation soit une valise remplie de vêtements. Depuis les peaux de bêtes de nos premiers ancêtres aux jeans troués d’aujourd’hui, en passant par les toges du néolithique, les braies des Gaulois, les broderies de la renaissance, les corsages baleinés du XVIIème, les perruques de la Régence, les Sans-culottes de la Révolution, les crinolines du second Empire, les froufrous des années folles, les bikinis des Sixties délurées, les pattes d’éph des Seventies émancipées, c’est tout une garde-robe éclectique qui s’offre à nous. Bien chargée la valise! Et souvent difficile à porter tous ces vêtements démodés. Si toutefois certaines tenues reviennent au goût du jour, encore faut-il que la taille soit bonne, ça serre d’un côté, ça baille de l’autre, non, vraiment, ça va pas le faire.

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Et bien, c’est pareil avec notre façon d’être parent. On hérite, on hérite, on hérite, mais on a perdu de vue que l’être humain est en perpétuelle évolution.

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Quand parents riment avec éducateurs sans formation 

Au moment de devenir parents, nous avons donc une pleine valise d’exemples.

Toutefois, nous, nous voulons être des parents parfaits, car soyons honnêtes, on pourrait mettre « peu mieux faire » à nos éducateurs. Effectivement, il y a des choses que l’on a appréciées et d’autres que l’on a détestées. On va donc vouloir reproduire ce qui nous a convenu et faire l’inverse de ce qui nous a déplu, voire meurtri. 

Première chose : identifier ce que l’on a détesté. En général, ce sont les fessées, les remontrances, les réflexions, les humiliations, les coups, les injures, les abandons, les rejets, les trahisons, les injustices, le laxisme, l’autoritarisme, la soumission...

Bon, ayant conscience de cela, il va être facile, en faisant l’inverse, d’éviter ces écueils... Sauf que, lorsque nous serons fatigués de toujours faire le contraire de ce que nous avons vécu et que les comportements déstabilisants, imprévisibles appuyant là où ça fait mal et inadéquats de nos chérubins auront fait remonter les blessures non-guéries de notre enfance, nous aurons le cocktail idéal pour dégoupiller. Et c’est ce que nous ferons ! Nous nous arracherons les cheveux pour trouver l’art et la manière d’avoir des enfants sages dont on nous fera des compliments. Des enfants qui réussiront. Des enfants qui feront de bons adultes et dont on sera fiers. Il y a tellement d’enfants qui font honte ! C’est terrible des enfants qui font honte ! Et que dire du regard désapprobateur des personnes alentour ?

L’espace de ce moment, nous ferons tout ce que l’on s’était promis de ne pas faire, quitte à le regretter plus tard.

 

Se pourrait-il qu’il y ait des techniques ?

Oui, s’essayer à l’éducation bienveillante ou positive et diablement efficace. Les détracteurs diront que c’est du laxisme que ça fait des enfants rois, que les enfants ne savent pas se défendre devant les agressions, que ça les responsabilise trop tôt les empêchant de vivre leur vie d’enfants, que ça culpabilise les parents, que ça prend du temps, de l’énergie. Un enfant ça ne sait rien, c’est nous les adultes qui devons les guider car c’est nous qui savons pour eux à travers nos expériences. « Et puis, c’est comme ça et pas autrement, personne n’en est mort ». Qu’est-ce qu’on va tout remettre en question ? Donc inutile de chercher à changer ce qui a toujours été et qui fonctionne très bien. Nous ne sommes, finalement, pas si mal que ça. Info ou intox ?

Pour notre part, nous avons testé l’éducation bienveillante et efficace, en dépit de tous nos doutes et de notre côté réfractaire aux changements compliqués qui pourrait prendre du temps, et à l’apprentissage de ces techniques, et nous avons adoré. Cela nous a appris à considérer nos enfants différemment ; à apprendre d’eux autant qu’ils apprennent de nous ; à se souvenir que nous avons été des enfants avec tout le lot de « bêtises », de besoins, de rêves, de larmes, de cris... qui s’y rattache ; à retrouver la joie et le bonheur d’être parents dans un quotidien mouvementé ; à apaiser les relations ; à lâcher ladite valise car tant que l’on fera pareil ou à l’inverse ce ne sera pas nous, ça sclérosera notre créativité profonde. Bien sûr, les blessures de notre enfance auront besoin d’être guéries, entendues, accueillies et ça c’est un autre aspect de la parentalité : nos enfants et notre enfant intérieur. Être parents, c’est un cheminement plein de bonheur.

 

 

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